12 juillet 2007

Down

Ce blog s'arrête,
j'écrirais désormais des chroniques/articles/etc... sur LeCourant.info (http://www.lecourant.info).
Merci à tous pour vos commentaires, votre suivi... parfois votre encouragement ;)

GD

14 mai 2007

Police partout... Justice aussi !

Article paru sur lecourant.net

Une semaine après le résultat de l'élection présidentielle et donc une semaine après les premiers rassemblements plus ou moins spontanés protestant contre l'élection de Nicolas Sarkozy, dressons un premier bilan des peines prononcées par la justice.

Remettons-nous dans le contexte : nous sommes au soir du 6 mai, il est 20 heures, et Nicolas Sarkozy vient d'être élu 6ème président de la Vème République. Immédiatement, des rassemblements spontanés se forment ou s'activent. A Paris, c'est à la Bastille, lieu traditionnel de réunion de la gauche lors des élections présidentielles, que sont réunis les « anti-sarko ». Passée la déception de l'élection de l'ex-ministre de l'intérieur, certains groupes s'agitent et manifestent par des cris, puis par des jets de projectiles divers sur les forces de l'ordre, leur mécontentement. Cette version officielle, relayée par la plupart des médias, ne doit pas cacher que les CRS, qui bloquaient de nombreux axes autour de la place de la Bastille, ont très vite cherché à encercler les manifestants, de manière à leur ôter un quelconque échappatoire. Des mouvements de foule s'amorcent aussitôt, qui créent de la tension, tension suite à laquelle les CRS interviennent de manière plus manifeste, par des jets de gaz lacrymogènes de concentration moyenne / faible.

Aussitôt, c'est la réplique de certains manifestants, qui s'organisent, se regroupent et répondent à l'assaut de la police en dressant des barricades de fortune et surtout en lançant des projectiles sur les forces de l'ordre. Néanmoins, l'encerclement fait son effet, et les CRS parviennent à interpeller certains manifestants. Une situation assez comparable se produit dans de nombreuses grandes villes de France telles que Lyon, Rennes, Toulouse, Bordeaux, Nancy, Metz, Mulhouse, à Charleville-Mézières ou encore au Creusot.


Rapidité de la justice

Ce qui frappe l'observateur, en premier lieu, c'est la rapidité de la réaction de la justice. Les Renseignements généraux (RG), dans les jours précédant le résultat du second tour de l'élection présidentielle, avaient indiqué leur inquiétude de voir se produire ce type d'émeutes. Pour tuer dans l'oeuf ce mouvement de contestation, la justice dut donc frapper vite, et fort.

Dès mardi, de nombreux jugements en comparution immédiate ont lieu. A Rennes, quatre individus, interpellés dans la nuit de dimanche à lundi, sont condamnés par le tribunal correctionnel à deux mois de prison ferme pour l'un et de 105 à 140 heures de travail d'intérêt général (TIG) pour les autres. A Lyon, quatre personnes ont été jugées le même jour en comparution immédiate pour des violences sur policiers et des dégradations. Deux d'entre elles ont été condamnées à des peines de trois et six mois de prison ferme pour des violences commises lors des manifestations du soir du 6 mai. Pour les deux autres, la peine est de 120 heures de TIG. Dix autres jeunes, jugés aussi en comparution immédiate à Lyon le même jour, ont écopé de peines de prison ferme, entre deux et trois mois.

Fermeté dans les condamnations

Pourtant, ce qui étonne par-dessus tout, c'est la lourdeur des peines. Que la justice cherche parfois à faire un « exemple » pourrait encore apparaître légitime, dans sa volonté de préserver l'ordre social, mais ici il s'agit d'une série d'exemples plus marquants les uns que les autres.

A Lyon, par exemple, Willy Marjory, 23 ans, bac +2, est décorateur, intermittent avec un casier judiciaire vierge. Lui est reproché le jet d'un tube de plexiglas contre les forces de l'ordre. S'il n'ira pas en prison, il devra faire 120 heures de TIG. A Paris, trois étudiants de Sciences Po, âgés de 18 à 20 ans, sans aucun antécédent non plus, ont été interpellés sur le quai où ont eu lieu les premiers incidents dans la nuit du 6 mai. L'un d'entre eux est accusé d'avoir jeté une barrière sur une voiture de police. Celui-ci nie farouchement, expliquant qu'il a « juste tiré une barrière sur la route pour gêner la circulation » et conteste s'être rebellé lors de son arrestation. Pourtant, pour lui comme pour ses camarades, la peine est lourde : trois mois de prison ferme.

A Bordeaux, sept hommes, âgés de 20 à 35 ans, ont été condamnés mercredi à des peines de quatre à six mois de prison ferme pour avoir jeté des projectiles sur les forces de l'ordre au cours de la manifestation du 06 mai au soir. Les condamnations du tribunal correctionnel ont été globalement plus lourdes que les réquisitions de la procureur, qui avait réclamé des peines de deux à six mois ferme. A Toulouse, le tribunal correctionnel, qui devait juger mercredi 16 personnes pour les mêmes manifestations du 06 mai, a condamné huit étudiants à un mois de prison fermé pour avoir jeté des projectiles sur les forces de l'ordre. Ces étudiants nés entre 1985 et 1988 possédaient un casier judiciaire vierge. Selon l'avocat de deux d'entre eux, Julien Brel, « la sanction est très dure. De la prison ferme est une peine très lourde pour des faits très isolés, pour des personnes étudiantes au parcours exemplaire ». L'exemple de l'un d'entre eux, étudiant en première année de BTS, âgé de 20 ans, et qui a été condamné à un mois de prison ferme pour violence volontaire avec arme sur un fonctionnaire de police n'ayant pas entraîné d'interruption de travail est assez symptomatique.... Il avait jeté une cannette, tombée à côté des policiers.


Accumulation des peines, dispersion des rassemblements

De manière quasi-systématique, des peines ferme ont été prononcées contre les manifestants. La répression a donc été tout autant sévère que rapide, afin de marquer les esprits. Est-ce la raison pour laquelle les rassemblements ont assez vite perdu en densité ? On ne peut l'affirmer, même si un étudiant de la Sorbonne nous confiait récemment qu'il « [avait] été tenté par l'envie de jeter une bouteille contre les CRS, mais les peines prononcées [l'ont] stoppé dans [son] élan ». Il faut plutôt voir dans cette perte d'ampleur une certaine lassitude face à une mobilisation qui ne prend pas, comme l'a montré le blocage du centre universitaire de Tolbiac (annexe de l'université Paris I Panthéon Sorbonne) qui n'a duré qu'une journée. Néanmoins, de prochaines actions sont à prévoir, et notamment une manifestation nationale le 16 mai, jour de l'investiture de Nicolas Sarkozy en tant que président de la République. Dans le même registre, des dates sont retenues pour de nouvelles assemblées générales à la Sorbonne (Paris I, Paris III, Paris IV), à Jussieu (Paris V, Paris VI), à Tolbiac (Paris I) ou à Nanterre (Paris X) mais aussi dans plusieurs villes de province (Rennes, Toulouse, etc...).

Gageons que si la violence et les affrontements avec les CRS comme modes d'expressions du désarroi et de l'immense colère face à la victoire du candidat de l'UMP sont en déclin, les étudiants sauront trouver un autre mode d'action dans leur répertoire d'action collective traditionnel. Quoiqu'il en soit, l'arrivée imminente de Nicolas Sarkozy au pouvoir a d'ores et déjà créé son lot de protestations véhémentes et violentes, preuves s'il en est que le nouveau président aura bien du mal à incarner son rôle de rassembleur. Quant à la justice, il faudra observer avec attention son attitude dans les prochains mois, afin de voir si elle se comporte avec l'indépendance qui sied à son rang où si elle s'oriente plutôt vers une défense systématique du régime en place, que ce soit de manière volontaire... ou sous la pression politique.


NB : cf les photos de Thibautcho des manifs, par le lien dans la colonne de droite...

Manifs du 1er mai

Article paru sur lecourant.net

Forte participation aux traditionnels défilés syndicaux du 1er mai, le tout sur fond de présidentielle.

Ceux qui ont battu le pavé des villes françaises aujourd'hui ont pour ancêtres des ouvriers de Chicago, qui en 1886, ont manifesté pour obtenir la journée de travail de 8 heures. Depuis 1947, le 1er mai est en France un jour chômé et payé, et malgré une interruption pendant la guerre d'Algérie, c'est un rendez-vous annuel du monde du travail, qui lui permet d'exposer ainsi que de démontrer son pouvoir de mobilisation.

Une mobilisation importante...


Ce 1er mai n'a donc pas dérogé à la tradition, et plus de 250 cortèges se sont mobilisés dans de nombreuses villes françaises, sur fond de campagne électorale pour le second tour.
La CGT a compté jusqu'à 200.000 manifestants dans l'ensemble des cortèges, alors qu'elle n'avait compté qu'à peine 115.000 personnes en 2005 et 130.000 en 2006. Le ministère de l'Intérieur, lui a decompté 117.000 manifestants.
A Paris, ce sont entre 60.000 et 25.000 personnes qui ont défilé, plusieurs autres milliers se sont déplacés à Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rennes, Lyon où Grenoble, tandis qu'à Tours, Clermont-Ferrand, Dijon, Strasbourg, Mulhouse, Nancy, Lille, Rouen, Le Havre, Montpellier, Nice et Pau, plus d'un milliers de personnes se déplaçaient sous les banderoles. Des manifestations avaient lieu dans des villes de bien moindre importance, comme à Hennebont dans le Morbihan, Carvin dans le Pas-de-Calais, Brignoles dans le Var ou encore Lavelanet dans l'Ariège.
Ce sont donc de très nombreuses personnes qui ont manifesté, ce qui a suscité l'enthousiasme des diverses organisations appelant à manifester.

... mais une unité difficile

Si la mobilisation était importante, l'échec de la journée réside dans le manque d'unité syndicale des différents cortèges. Bernard Thibault (CGT) a manifesté à Paris, François Chérèque (CFDT) à Metz dans une manifestation CDFT-CGT-FSU-Sud et Jean-Claude Mailly (FO) à Lille.
A Paris, la CGT, FSU, Solidaires, UNEF, l'UNSA et la CFTC ont manifesté en commun entre République et Nation, accompagnés de certaines formations politiques de gauche, tandis que FO avait organisé une manifestation séparée à Paris qui a réuni un millier de milimg_0003itants.Dans de nombreuses villes, les cortèges étaient unitaires, mais à Lyon par exemple, la FO et la CNT ont défilé séparément, alors quà Clermont-Ferrand, la CFDT s'était désolidarisée de la manifestation, craignant une récupération politique.


Aucune consigne de vote n'a été donnée au cours de la journée par les centrales syndicales, celles-ci indiquant vouloir montrer la force de mobilisation des travailleurs aux deux candidats.
C'est cette indépendance que les banderoles de tête indiquaient : à Marseille, on a manifesté pour « la liberté, l'égalié, la fraternité, la paix et la ustice sociale », à Grenoble, « pour la paix et le progrès social », à Metz, derrière la banderole « 1er mai emploi salaire conditions de travail », tandis qu'à Lille, le mot d'ordre était « ensemble le 1er mai : Agir, lutter, revendiquer ».

Messages politiques

Une tendance évidente se dessinait pourtant : certains cortèges, plus politisés que d'autres, affichaient ostensiblement leur aversion pour le candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy, avec des incursions de mouvements tels que le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples), le collectif Ras l'Front qui dénonçait sur un panneau « les dérives sécuritaires de Sarkozy », tandis que les MJS (Mouvement des jeunes socialistes), présents dans de nombreux cortèges, affichaient badges et pancartes à l'effigie de leur candidate.

Du côté des syndicats, bien qu'on ne voulait pas donner de tonalité politique aux manifestations, des messages clairement allusifs ont été délivré. Il s'agissait de donner un premier signe d'avertissement au futur gouvernement qui prendrait place en juin, en montrant que le monde syndical et militant était mobilisé afin de lutter pour les droits conquis au cours de mobilisations précédentes. La CGT, dans un communiqué, annonce qu' « à l'heure où certains font, de l'opposition entre telle ou telle catégorie de salariés ou de chômeurs le fil conducteur de leur stratégie politique, de la désignation de boucs émissaires français ou immigrés [...], il est bon que des journées comme celle-ci rappellent l'unité des salariés, des étudiants, des chômeurs, des retraités pour des réformes visant le plein emploi solidaire, le progrès social, la démocratie sociale, la paix. »

C'est donc la mode de l'entre-deux tours que ce type de propos assez explicites, se rapprochant de la phrase de l'ex-candidat de l'UDF, François Bayrou, c'est à dire : « Je sais pour qui je ne voterai pas »...

20 janvier 2007

Pendant ce temps, à Harare...

Cinquième article pour Betapolitique.fr...

Alors qu’en France, le débat porte en ce moment sur la contribution à l’ISF (ou non) de nos candidats, dans d’autres pays comme au Zimbabwe, l’argent est aussi au centre du débat, mais pour d’autres raisons.

1180 : ce n’est pas le salaire mensuel moyen en dollars d’un zimbabwéen, ni même le PIB/habitant pour l’année 2006 qui vient de s’achever... Bien pire que ça : c’est, en pourcentage, l’inflation actuelle de ce pays. Et encore, les chiffres divergent. Selon un article du 17 novembre de The Independant, disponible ici, l’inflation approcherait plutôt les 2000%.

Ce nombre à lui seul résume l’état du pays, c’est à dire catastrophique. Une situation en constante aggravation depuis que Robert Mugabe en est devenu le chef de l’Etat en 1980, et surtout depuis 2002. Selon le rapport de Reporters Sans Frontières pour 2006, que l’on peut lire ici, l’ « ancien grenier à blé » d’Afrique australe s’enfonce dans une crise économique sans précédent, mais également dans la tyrannie.

D’autres chiffres, à nouveau : 34 et 37. Ce n’est pas l’âge moyen du mariage, ni le nombre de naissances pour 1000 habitants. Le premier chiffre est l’espérance de vie actuelle d’une femme à la naissance, et le second... celui d’un homme.

Le Zimbabwe est donc dans une situation où là misère et le dénuement sont extrêmes. Pourtant, l’actualité française fait ses choux gras sur la campagne électorale, où si l’on regarde à l’international, sur le problème du gaz russe, sur l’attentat quotidien en Irak, ou encore sur la quasi-guerre civile en Palestine ; le Zimbabwe, lui, n’intéresse plus grand monde, car la situation semble chaque jour plus inextricable. Désintérêt aggravé, comme le rapporte The Guardian, par le fait que Mugabe a réussi à faire prolonger son mandat jusqu’en 2010, sous prétexte de réaliser des économies en alignant les élections présidentielles sur les élections législatives.

Quelques autres chiffres, enfin : 80 et 90. Ce sont des pourcentages : 80% de chomeurs, 90% de séropositifs dans l’armée. Ou encore : 85% de pauvres.

On ne s’intéresse pas à l’ancienne colonie britannique, et pour cause : que faire ? Le ZANU-PF, le parti au pouvoir, détient tous les attributs possibles du pouvoir, et exerce sur la population un contrôle total. Ce contrôle est rendu possible par l’investissement massif des quelques maigres deniers de l’Etat dans la CIO, Central Intelligence Organisation, comme nous le rapporte aussi l’article de The Indepedent. A titre de comparaison, et avec une situation de famine généralisée, ce service d’espionnage a un budget plusieurs fois supérieur à celui de la santé. La presse est complètement muselée, et depuis quelques années sont peu à peu démantelés ou interdits tous les journaux émettant une voix quelque peu discordante. En 2003, déjà, le journal The Daily News avait été interdit par la Commission de l’information et des médias (MIC en anglais). L’année suivante, ce furent The Weekly Times et The Tribune qui subirent les foudres de la censure d’Etat. Deux autres journaux, le Daily Mirror et The Financial Gazette sont eux passés sous la direction du CIO, tandis que Joy TV, l’unique chaîne de télévision privée du pays, s’est vue retirer sa licence et qu’une bombe a détruit les locaux de la radio « The Voice of People ». La liste n’est pas même exhaustive. Dernier événement en date, rapporté par le site allAfrica.com, les menaces fortes pesant sur Trevor Ncube, directeur de deux hebdomadaires zimbabwéens mais aussi de deux autres hebdomadaires sud-africains (« The Mail » et « Guardian »), qui s’est vu retirer sa nationalité zimbabwéenne par les autorités locales, ce qui l’interdit d’être propriétaire d’un journal (il faut en effet être Zimbabwéen).

Peu de pays peuvent pourtant se targuer de disposer d’autant de ressources que le Zimbabwe. Jugez plutôt grâce à l’article de Wikipédia sur ce pays : « Parmi les ressources naturelles se trouvent : le charbon, le chrome, l’amiante, l’or, le nickel, le cuivre, les minerais de fer, le vanadium, le lithium, l’étain, et les métaux du groupe du platine. ». De plus, la superficie du pays est de près de 400 000 km², avec 11 millions d’habitants, une surface cultivable amplement suffisante pour permettre à ce pays au moins l’autosuffisance, et ce malgré un climat chaud entraînant de nombreuses sécheresses.

Le vrai problème du pays est évidemment son dirigeant. Mugabe construit son discours en reflux de la période coloniale, dans une volonté de revanche permanente : « L’unité et la solidarité restent nos armes principales contre les machinations britanniques en faveur d’un changement illégal de régime au Zimbabwe » aurait-il déclaré. La politique de celui-ci a été une expropriation constante des fermiers blancs, afin de prétendument redistribuer la terre aux nouveaux fermiers noirs. Seulement, les difficultés de mise en oeuvre de la réforme ont entraîné une parcellisation et un abandon de certaines terres, et de nos jours, la famine est extrêmement grave. Le pays n’est évidemment plus autarcique, loin s’en faut, et c’est l’ensemble de la population, noire comme blanche, qui est dans la misère. Les fermiers blancs, qui étaient encore 4600 en 2002, sont désormais à peine 400.

Se pose alors la question suivante, terriblement simple : Que faire ?

La règle certainement la plus inviolable dans les relations internationales est la règle de la souveraineté. Lorsque George W. Bush a voulu en 2002 attaquer l’Irak, prétextant la menace des armes de destruction massive se trouvant là-bas, la question de la souveraineté a été parfois posaée, avec le résultat que l’on sait. Dans le contexte du Zimbabwe, on peut pourtant se demander pourquoi la communauté internationale ne réagit pas. La région des grands lacs en Afrique a connu de nombreux troubles dans les vingt dernières années, et notamment la guerre civile au Rwanda ayant abouti au génocide. Quoiqu’un peu calmée, cette région peut vite s’embraser tant les tensions ethniques sont fortes. La stratégie de Mugabe est cependant très bien étudiée : en réprimant toute velléité de rébellion à l’intérieur de ses frontières, il affiche sur la scène internationale une maîtrise totale de son pays, qui ne laisse pas penser qu’une guerre civile pourrait s’y déclencher, ce qui diminue le risque éventuel d’instabilité provoqué par cette situation. Or, la communauté internationale (et notamment les membres du Conseil de Sécurité de l’ONU) ne se mobilisant que quand des intérêts (de préférence, les leurs) sont en jeu, comme leur sécurité ou leur approvisionnement énergétique, la situation ne semble pas prête à évoluer.

Pourtant, dans l’idéal se pose la question d’une intervention armée mandatée par l’ONU ou même par l’Union Africaine. En effet, il apparaît très vite inhumain de laisser ainsi toute une population mourir de faim sous le joug d’une dictature et les regarder ainsi disparaître sans tenter ne serait-ce qu’un petit peu de contribuer à la sauvegarde de ce peuple. Auprès des zimbabwéens, qui ont pu être influencés par la propagande de Mugabe mais aussi par l’histoire du pays, une intervention de l’ONU serait peut être mal acceptée. Un mandat accordé à l’UA pour agir, comme elle l’a fait récemment en Côte d’Ivoire, serait certainement dans l’idéal une meilleure solution. Contre la notion de souveraineté se dresse ici le risque de « non-assistance à un peuple en danger », et l’éternelle question : l’ingérence est-elle parfois légitimée ?

04 janvier 2007

Un nouveau Supermenteur ?

3ème article pour la plateforme betapolitique.fr

En cette période électorale, le moindre faux pas risque d’être fatal pour tout candidat à la présidentielle, surtout si il est également ministre de l’Intérieur. Heureusement, le Figaro est là et tout va pour le mieux dans la France "qui ne brûle pas les voitures"...

Nicolas Sarkozy, notre super ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, ministre d’Etat, président de l’UMP, président du Conseil général des Hauts-de-Seine, conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine (pour ne pas dire maire), en a peut-être commis un, à l’occasion de la nuit du Nouvel An. En effet, le bilan qu’il a dressé des voitures brûlées, et dont il s’est officiellement félicité, est remis en cause par le Parti Socialiste.

L’article du Figaro indique qu’ « aucun incident majeur n’est venu noircir le bilan de la St Sylvestre ». Michel Gaudin, directeur général de la police nationale, a ainsi déclaré triomphalement que « les forces de l’ordre n’ont eu à déplorer que trois blessés ». Etrange de voir Nicolas Sarkozy se féliciter de cela, lui qui prône la « tolérance zéro ». Selon le Figaro, au dernier pointage officiel en date du 1er janvier à 6 heures, 396 sinistres (comprenez : voitures brûlées) seraient « à déplorer », dont 83 par propagation (comprenez : celles-là on ne les compte pas vraiment parce que c’est la faute à « pas d’chance »). Ce chiffre est mis en rapport par le Figaro avec les 425 sinistres comptabilisés de l’an dernier, ce qui est donc « légèrement inférieur ». Toutefois, Le Figaro a effectué son propre comptage, et les résultats sont « moins optimistes » : en effet, plus de 400 véhicules brûlés, en « excluant pourtant nombre de villes moyennes et des agglomérations importantes comme Montpellier, Nantes, Pau, Bordeaux, Perpignan, Avignon ou Lille ». Pourquoi cette exclusion ? Ce sera le mystère du réveillon ! Le Figaro, pour se rattraper de cette petite incartade à sa traditionnelle docilité envers Mr Sarkozy inhérente à sa ligne éditoriale, note immédiatement après son comptage que « le PS a d’ailleurs aussitôt contesté la présentation du ministre de l’Intérieur » (comprenez : ces idiots-là sont dans la contestation permanente). Le journal reprend aussitôt son constat en indiquant que « Quoi qu’il en soit [!], tous les fonctionnaires de police contactés après l’évènement affirment que le niveau de violence a baissé lors de ce réveillon. La forte mobilisation policière y joue pour beaucoup. Le mauvais temps également » : on ne peut que se féliciter nous aussi de la forte mobilisation policière, qui a bien appliqué les consignes de sa direction, à savoir d’être tempéré voire même carrément froid sur la communication post-réveillon.

Le Figaro disponible ici

Suit une longue énumération des véhicules brûlés notamment en Alsace, visant plus à brouiller le lecteur qu’autre chose. Les auteurs de l’article notent que « l’aggravation a surpris les autorités, d’autant que la région strabourgeoise était une région test pour le ministère de l’Intérieur dans la lutte contre le fléau », sans beaucoup plus développer. Enfin, et c’est là que ça devient scandaleux : l’article embraye sur l’immeuble squatté par l’association Droit au Logement dans le 2ème arrondissement de Paris, créant de toute évidence un risque d’amalgame douteux entre d’un côté les violences & les voitures brûlées de la nuit du Nouvel An, et de l’autre le squat d’un immeuble, dans le contexte social actuel. L’article explique que deux cents à trois cents personnes, « tous militants du Droit au logement », ce qui est bien évidemment un mensonge puisque beaucoup de ces personnes étaient des précaires (SDF par exemple), « [occupèrent] illégalement une succursale de banque vide] », « tandis que les forces de l’ordre se mobilisaient pour canaliser la foule dans les VIIe et VIIIe arrondissements ». L’article s’achève sur ces phrases laconiques : « Hier, au lendemain d’un réveillon plus calme que l’an passé, mais malgré tout agité, les forces de l’ordre prenaient un repos bien mérité. Les squatters savaient qu’ils ne seraient pas délogés un jour de Nouvel An ». (comprenez : les gentilles forces de l’ordre ont bien travaillé, les méchants squatteurs sont dans l’illégalité totale). Aucune mention de l’article L642-1 du Code de Construction et de l’Habitat, dont pourtant tous les autres journaux parlent, et qui dispose que : « Afin de garantir le droit au logement, le représentant de l’Etat dans le département peut réquisitionner, pour une durée d’un an au moins et de six ans au plus, des locaux sur lesquels une personne morale est titulaire d’un droit réel conférant l’usage de ces locaux et qui sont vacants depuis plus de dix-huit mois, dans les communes où existent d’importants déséquilibres entre l’offre et la demande de logement au détriment de personnes à revenus modestes et de personnes défavorisées. ». L’immeuble parisien était inoccupé depuis... 3 ans.

Le Code de la Construction et l’Habitat ici

Deux constats s’imposent donc : Nicolas Sarkozy, que l’on savait déjà être l’Iznogoud de la politique française, voulant devenir calife à la place du calife, semble vouloir récupérer aussi de Jacques Chirac le costume de Super Menteur devenu célèbre par l’émission « Les Guignols de l’info » sur la chaîne privée Canal +. Le Figaro a tendance parfois à s’égarer dans ses constats : le sérieux de ce journal, d’une ligne éditoriale traditionnelle reconnue à droite mais dont les analyses sont la plupart du temps pertinentes, s’affirme ici étrangement lacunaire et partial dans le traitement des informations de la nuit du Nouvel An.

Le journal Libération apporte un contrepoint intéressant. On y apprend qu’en Alsace, on compte 88 voitures brûlées au lieu de 46 l’année dernière, soit une hausse de 80%, tandis que l’addition des données de chaque préfecture d’Île de France amène à un chiffre de 250 voitures détruites, soit 40% de progression par rapport à l’année précédente. On aboutit déjà à 338 voitures brûlées... Sans oublier qu’une préfecture d’Île de France a refusé de communiquer ses chiffres : Celles des Hauts de Seine. Etrange...

L’article de Libération ici.

03 janvier 2007

Les chiens aboient, la caravane passe..

Un nouvel article écrit pour la plate-forme betapolitique.fr .. A vos commentaires. ;)

En cette fin d’année, c’est, comme l’écrivent Florent LATRIVE & Christian LOSSON dans leur article de Libération, la gueule de bois pour les collectifs anti-libéraux.

En effet, voyez le retrait unilatéral du Parti communiste français (3,37% des suffrages exprimés en 2002) ou l’intransigeance de la Ligue communiste révolutionnaire (4,25%). Sans parler du rejet pur et simple par Lutte Ouvrière (5,72%).

La somme de ces 3 facteurs, auxquels on pourrait ajouter l’égo de José Bové, font que l’extrême gauche (si on inclut LO) et surtout les anti-libéraux n’ont pu s’unir et créer une force qui aurait pu peser potentiellement entre 10 et 15% des suffrages exprimés pour l’élection présidentielle de 2007.

Les raisons sont donc multiples, mais le résultat est unique.

Il faudra compter en 2007 sur de multiples candidats à l’extrême gauche, à savoir Marie-Georges Buffet pour le PCF, Olivier Besancenot pour la LCR, Arlette Laguiller pour LO, sans oublier Gérard Schivardi, maire d’une petite ville de l’Aude et candidat officiel du PT depuis quelques jours.

L’union des idées avait été en partie réalisée par les collectifs anti-libéraux issus du débat sur la constitution européenne, mais les 125 propositions qui en ont émané resteront probablement lettre morte, puisque chaque appareil de parti reviendra à ses propositions & slogans traditionnels.

Un beau gâchis, alors ?

Il semble bien. Libération, dans son édition du 29 décembre, a soumis à deux économistes du Parti socialiste, Jacques Généreux et Eric Besson, 5 propositions assez symptomatiques des orientations des anti-libéraux. Ceux-ci ont donné leur avis dessus, et on pouvait lire en complément une sorte de réponse de Yves Salesse, président de la Fondation Copernic et élément important des collectifs anti-libéraux. Le dossier est en ligne.

La lecture apporte quelques surprises au lecteur lambda : en effet, il apparaît rapidement qu’il y a peu de différences entre les propositions des anti-libéraux et celles du parti socialiste. Si divergences il y a, elles semblent plutôt s’inscrire dans des querelles de moyens et d’échéances. Un exemple concret : une des propositions des anti-libéraux consiste à « Rendre immédiatement applicable la généralisation des 35 heures à toutes les entreprises avec les 32 heures pour perspective, sans perte de salaire ni aggravation de la flexibilité ou des conditions de travail » : les deux experts du PS s’accordent sur la généralisation des 35 heures sans condition aucune, même si Eric Besson estime que le moyen de généraliser est la voie de la négociation sociale, en accord avec la loi n° 2004-391 du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social, que vous pourrez relire en ligne : ici

Quant à la question des 32 heures, Jacques Généreux indique que l’aile gauche du PS y est favorable au vu de la productivité du travail en France, l’une des meilleures au monde, et Eric Besson n’y ferme pas la porte, considérant que « aucun sujet n’est tabou ». Promesses de campagne ou convictions, reste que les anti-libéraux et le parti socialiste semblent parvenir à un accord relatif.

Alors, pourquoi parle t-on d’un gâchis pour les anti-libéraux ? Tout simplement car leurs idées ne semblaient pas si irréalistes que ça, puisque même le parti socialiste, parti de gouvernement et donc désormais au centre gauche en partageait certaines idées.

Les anti-libéraux auraient pu constituer une force importante voire majeure dans la campagne présidentielle, et aboutir à un de leurs objectif majeur, à savoir peser sur le projet socialiste et sur l’éventuel gouvernement de celui-ci en monnayant leur ralliement par des concessions d’idées de la part des socialistes.

L’édito du site des anti-libéraux, tente de donner un espoir aux partisans de l’unité de la gauche de la gauche en rappelant la grande réunion nationale des unitaires les 20 et 21 janvier en région parisienne. Reste que la défection de la direction communiste et le non-ralliement de la LCR constituent deux sérieux problèmes, voire deux entraves évidentes à la réalisation de leurs objectifs.

La question qui se pose désormais est celle de la stratégie à employer pour ces collectifs. L’édito du site des anti-libéraux note que « [une] Résolution unitaire [a été] largement épousée, saluons-le, par un fort courant de membres du PC et a fortiori de la LCR, aux côtés de milliers d’autres citoyens. ».

Il s’agit d’observer dans quelle mesure l’ « alternative à gauche » réussira à faire comprendre aux militants des deux partis qu’au-delà de la querelle sur le nom du candidat, la lutte doit se porter sur les idées. Celui qui les portera (Patrick Braouzec ? Yves Salesse ? Clémentine Autain ?) devra créer l’unité autour de lui, non pas dans une perspective de culte du héros, mais tout simplement en apportant les réponses aux attentes des membres des collectifs, en prenant une responsabilité morale de suivi des propositions des anti-libéraux.

Ralliement ou pas au PS, là n’est pas vraiment la question, l’enjeu se situe plutôt sur les idées : aboutiront-elles ou non ? Là se situe l’erreur de la LCR, de LO et du PT, comme le note Yves Quiniou dans un point de vue dans le Monde en date du 29 décembre, qui se demande si ceux-ci n’ont pas oublié de dépasser la rivalité traditionnelle avec le PCF inhérente à leur obédience trotskyste.

Au final, on ne peut que constater, comme Michel Onfray, qu’à l’extrême gauche pour nombre d’unitaires des collectifs anti-libéraux, désintéressés par les querelles d’appareils, « un vote de conviction semble désormais impossible ». Les chiens de l’extrême-gauche ont fait beaucoup de bruit sur le trajet de la présidentielle 2007, mais il semble bien que la caravane du Parti Socialiste finira par passer sans encombre...

20 décembre 2006

Les délinquants du débat sur l'insécurité

Cet article est une reproduction de celui que j'ai écrit pour la plateforme "betapolitique" (http://betapolitique.fr), et qui je pense sera publié dans la journée.

Les délinquants du débat sur l'insécurité

Alain Bauer : cet homme a de fortes chances de vous être inconnu, et c'est ce qu'il recherche. Pourtant, il est un peu au débat sur la sécurité en France ce que Donald Rumsfeld fut à Georges W Bush, l'éminence grise néfaste, l'homme de l'ombre.

Témoin en est encore aujourd'hui cet article du journal Le Monde intitulé « La délinquance est largement sous-estimée dans les chiffres officiels ». Reprenant une étude réalisée conjointement par l'INSEE et l'OND (observatoire national de la délinquance), cette étude nous apprend qu'en réalité, au lieu des 3,75 millions de faits de délinquances déclarés à la police, ce sont 12 millions de faits qui ont été subis par nos chers compatriotes cette année.

On ne peut mettre en doute l'existence d'un contraste entre les faits déclarés et les faits subis. On peut émettre ceci dit deux hypothèses d'explication :
La peur : l'individu qui a subi l'agression a peur de représailles si des poursuites judiciaires sont engagées contre l'auteur de l'agression, surtout si les deux personnes se connaissent. L'agressé se terre ainsi dans la peur et préfère le silence.
La banalité : le vol d'un objet sans valeur pécuniaire majeure est subi par l'individu comme un préjudice, sans pour autant qu'il accorde tant de valeur à cet objet pour qu'il aille s'en plaindre à la police, surtout que le taux de résolution de ces affaires est extrêmement faible, pour la simple raison que la police n'y met pas les moyens (ce qui en soi peut se comprendre) et que le voleur a peu de risques d'être retrouvé. L'article nous indique par ailleurs, reprenant le rapport, que « Dans leur majorité, les victimes "ne portent pas à la connaissance de la police et de la gendarmerie les atteintes aux biens" et agissent en fonction de la "gravité du préjudice" ». L'exemple des vols de voiture, déclarés à 90%, et des cambriolages, déclarés à 70%, montre assez bien que lorsque la gravité du préjudice subi est importante, la victime se déclare.

Le journal L'Humanité s'interrogeait déjà sur la fiabilité des études de l'OND, dans cet article, mais ne mettait pas en doute le personnage-même d'Alain Bauer mais plutôt la méthode employée par l'Observatoire.
Il s'agit pourtant d'analyser le discours et surtout l'auteur du rapport. Si l'INSEE est assez vierge de soupçon, l'OND a pour président du conseil d'orientation Alain Bauer. Ce conseil d'orientation se veut être un aréopage de représentants de la société civile, mais leur indépendance est sujette à de grands doutes. Jugez plutôt : en reprenant l'étude menée par Laurent Mucchielli dans son ouvrage Violences et insécurité, Fantasmes et réalités dans le débat français, paru à La Découverte en 2002, on remarque que Alain Bauer est, selon les articles qu'il écrit dans les journaux, « universitaire » (Le Figaro, 27 janvier 2000), « enseignant à l'IEP de Paris » (Le Figaro Magazine, 17 juin 2000), ou encore « professeur à la Sorbonne » (Mix, juillet 1999). Il est même allé jusqu'à se présenter comme « ancien vice-président de l'université Panthéon-Sorbonne » dans le « Que sais-je ? » qu'il a co-écrit avec Xavier Raufer (un autre parcours intéressant avec ce pseudo-spécialiste de la sécurité, ancien militant à Occident) intitulé Violences et insécurité urbaines (réédité il y a à peine un mois). Alain Bauer a en effet été ancien-vice président de l'université Panthéon-Sorbonne, omettant juste de préciser qu'il s'agissait de la vice-présidence de... la cellule UNEF-ID dans cette faculté à partir de 1982. Le titre qu'il préfère pourtant reste incontestablement celui de criminologue, qu'il emploie à de nombreuses reprises et de plus en plus souvent désormais pour crédibiliser son propos.
En parallèle, Alain Bauer occupe une fonction qu'il met bien moins souvent en avant dans la presse, celle de directeur d'une société privée de conseil en sécurité, AB Associates, société qui a réalisé des audits pour des villes telles que Vitrolles, La Défense, Strasbourg, Auxerre, Nancy, Bourges, Perpignan, etc... Il a créé cette société après avoir quitté la Science Application International Compagny (SIAC), une énorme compagnie privée de recherche et d'expertise qui travaille pour les entreprises privées et surtout pour les autorités fédérales américaines sur les questions de « sécurité nationale », et dont le chiffre d'affaires se compte en milliards de dollars et qui emploie plus de 40000 personnes, disposant de 350 bureaux dans le monde. On voit donc que la création d'AB Associates correspond en réalité à la poursuite d'une trajectoire, celle de la marchandisation de la sécurité, qu'Alain Bauer a appris à la SIAC et a voulu appliquer méthodiquement en France.

Le lien est désormais assez intelligible : d'un côté, un pseudo-éminent chercheur spécialiste de la sécurité, de l'autre côté, le directeur d'une société privée de conseil en sécurité.

Analysons maintenant l'article du journal Le Monde : « Selon les projections de l'OND, près 4,9 millions des ménages (18,7 %) auraient subi un vol, une tentative ou un acte de vandalisme en 2005 ». Reprenant les termes du rapport, que l'on peut lire ici, l'article du journal ne précise pas ces termes, et pour cause... c'est impossible ! Ainsi, le terme « acte de vandalisme » recoupe une variété de préjudices immense. Si l'on prend l'exemple de préjudices sur une automobile, l' « acte de vandalisme » peut concerner le simple pet sur la voiture (tout à fait détestable, c'est évident, mais en soi peu préjudiciable) jusqu'au bris de vitre ou à l'incendie pur et simple de celle-ci : tout ce qui est déclaré est comptabilisé, puisque l'accent est mis sur ce qui est subi comme préjudice.

Voici donc la logique traditionnelle des travaux d'Alain Bauer, qu'on pourrait simplifier par l'expression « le bâton et la carotte » : d'un côté, on attise la peur, on suscite l'inquiétude. De l'autre, on crée AB Associates, société privée de conseil en sécurité, qui va récolter les royalties, en créant les « remèdes à cette peur ». Alain Bauer lui-même a bien des difficultés à opérer la dichotomie entre les deux casquettes, ne parvenant pas à s'empêcher de proposer systématiquement en conclusion de ses études en tant que criminologue des remèdes tels que la « vidéo-surveillance ». Dans un article du journal Le Figaro co-écrit avec Xavier Raufer intitulé Insécurité intérieure et défense nationale paru le 27 novembre 1997, il écrit même « l'Etat doit sortir d'un rêve arrogant et archaïque dans lequel il gère seul la défense et la sécurité ». Il doit s'ouvrir à des partenaires nouveaux, dont des « experts venus du privé et des entreprises spécialisées », afin de « concevoir une doctrine sur ces dangers nouveaux ». Devinez qui l'on va appeler... ?

On comprendra dès lors pourquoi Alain Bauer est titulaire d'autres titres honorifiques, auxquels il s'attendait d'ailleus peut-être un peu moins, tels le « Big Brother Award 2002 » pour « l'ensemble de son oeuvre ». Sur le site qui explique cette récompense, on peut lire ceci « Ce personnage influent participe à l’alimentation d’un discours biaisé sur les causes de "l’insécurité" et promotionne grâce à une société privée (AB Associates) les "moyens" de la combattre en promulguants conseils et recommendations, succombant trop souvent aux sirènes de la vidéosurveillance, aux entreprises ou aux collectivités locales ». Vous pourrez lire l'article ici.

Même si Alain Bauer ne semble pas avoir de lien clairement établi avec Nicolas Sarkozy, on peut remarquer un certain parallèle entre les deux personnages : de la même manière qu'Alain Bauer, le chef de l'UMP crée un sentiment d'insécurité puissant en France, suscistant chez les citoyens la peur et l'inquiétude, parfois même l'intolérance et la xénophobie. En parallèle, il se présente comme le super-flic capable de résoudre ce problème. Pris à ce propre jeu, il ne sait plus vraiment où donner de la tête, car il hésite entre accroître le sentiment d'insécurité et montrer les prétendus résultats de sa politique sécuritaire de « tolérance zéro ». En effet, on peut imaginer aisément qu'un homme qui appuie sa popularité notamment sur une éventuelle capacité à « sécuriser la France » n'a pas intérêt à donner l'impression que celle-ci est débarrassée de la délinquance.

Au-delà de cette remarque, il est particulièrement intéressant de remarquer à quel point les médias français peuvent parfois être abusés par des hommes qui à force de pugnacité et de talent parviennent à se présenter comme d'éminents spécialistes de la sécurité alors qu'ils sont surtout des hommes qui ont utilisé leur talent pour s'enrichir... Certains sociologues s'épuisent à tenter de recadrer les débats, tels Laurent Mucchielli, dont une des contributions au sujet de Bauer et Raufer est disponible ici. Malheureusement, leur portée semble bien plus faible que celle des marchands de sécurité. Preuve que l'ère du temps, et surtout l'ère politique, semble plus favorable à l'orientation hyper-sécuritaire du débat.

14 novembre 2006

Le courage en politique

Le Parlement sud-africain vient de légaliser le mariage homosexuel. D'ici quelques mois, si le parti socialiste est élu, il procédera aussi, du moins c'est ce qu'il a affirmé, à l'entrée dans la loi de ce droit fondamental pour les communautés homosexuelles.
L'opinion publique française y semble pourtant opposée, tout comme l'opinion publique sud-africaine l'est.
Est-ce là faire preuve de courage politique? On peut penser qu'en effet c'est le cas. Les représentants s'efforcent de s'ériger comme une avant garde éclairée, capable de prendre les décisions juste malgré les réticences des représentés.
On se rappelle à ce titre l'abolition de la peine de mort sous l'impulsion de Robert Badinter et de la première présidence mitterrandienne.

Seulement, une question se pose, éternelle question qui me taraude. Le soi-disant "courage" politique que l'on peut déceler dans ses actes s'oppose à la volonté des représentés, est-il donc justifiable ?

A vos réflexions..... si ça vous intéresse ;)

18 mai 2006

Amnésie sélective

Alors que la polémique a fait rage au début de l'année concernant le projet de loi n°2005-158 du 23 février 2005, portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés, notamment à cause du désormais célèbre article 4 qui dans son alinéa 2 indiquait que "
Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord [...]". Vous pourrez d'ailleurs retrouvez le texte complet ici.

Ce débat a fait rage, pour l'évidente raison qu'il apparaît étrange dans une démocratie de voir un gouvernement indiquer aux livres d'histoires la position qu'ils doivent prendre sur un fait. En effet, s'il peut éventueller orienter les sujets des programmes, il est anormal de ne pas laisser aux historiens le travail de débat sur les sujets abordés.

Pourtant, une deuxième question m'apparaît assez vite : l'histoire qui nous est enseignée n'est-elle pas particulièrement sélective. Je me souviens par exemple de la place immense accordée à la Seconde Guerre Mondiale, et notamment à la Shoah et aux génocides des Tziganes, homosexuels, handicapés, etc.. Bien qu'en aucun cas je ne remette en cause le drame que cela constitue (d'ailleurs rien que de le dire je me prends à trouver cela ridicule de me justifier tellement c'est une évidence), je m'étonne surtout du silence de nos livres d'histoire sur de nombreux autres génocides, parfois bien plus meurtriers..

Sur Wikipedia, à l'article génocide, on trouve tout d'abord une énumération de nombreux massacres de population :

Les massacres de peuples entiers ont déjà eu lieu dans le passé, par exemple :

  • le massacre de millions de Chinois par les Mongols au XIIIe siècle, qui représente la plus grande extermination d'êtres humains de toute l'Histoire, en valeur relative, les estimations variant entre dix et quarante millions (dix-huit selon Kubilai Khan)
  • la déportation des Acadiens par les Britanniques sous les ordres du gouverneur Charles Lawrence en 1755. Dépossédées de leurs terres, des familles ont été déportées dans des colonies britanniques et, pour certains d'entre eux, au Royaume-Uni ou en France.
  • la Tasmanie, qui a été qualifiée de génocide le plus parfait de l'histoire.
  • l'extermination des Beotuks à Terre-Neuve par les Britanniques (Terre-Neuve est devenu depuis une province du Canada).
  • En Australie, les Aborigènes, dont la population est estimée à 350 000 avant l'installation des Européens, ont été décimés par les maladies infectieuses, les migrations forcées, à l'instar des Amérindiens. Certains historiens soutiennent qu'il s'agit d'un génocide. Ils ont obtenu le droit de vote en 1967.
  • Au Canada, les enfants des aborigènes ont été envoyés, entre 1922 et 1984, dans des Écoles Résidentielles Indiennes, dirigées par des églises (catholiques ou protestantes) où étaient entretenues des conditions d'insalubrité, de violences de tout ordre, d'expérimentations médicales (dans les dernières années), ce qui conduisit à une mortalité moyenne de 50 %, soit entre 50 000 et 100 000 décès d'enfants en quelques décennies.
  • le gouverneur Jeffrey Amherst a fait distribuer aux Indiens Delaware en 1763 des couvertures infectées de petite vérole (Variole).
  • la disparition en quelques décennies des populations autochtones des États-Unis au passage des immigrants.
  • les premiers camps de concentration ont été expérimentés au cours de la guerre des Boers en Afrique du Sud. Des centaines d'Afrikaanders, des noirs alliés à ces derniers, femmes et enfants furent victimes des conditions de vie (alimentation, soins) qui firent également les mêmes ravages dans les rangs britanniques.
  • de 1942 à 1945, 10 millions de civils chinois ont été enrôlés par l'armée japonaise pour effectuer des travaux forcés en Mandchourie sous la supervision de la Kôa-in. De ce nombre, 2,7 millions ont trouvé la mort lors de l'opération sankô sakusen menée par le général Yasuji Okamura.

Mais on peut aussi remarquer les génocides "officiellement" reconnus, à savoir le génocide des Arméniens par l'Empire Ottoman (reconnu par l'ONU en 1985, toujours contesté par la Turquie), le génocide des Juifs & Tziganes par les nazis pendant la SGM (reconnu dès le procès de Nuremberg), le génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda (reconnu en 1994), et le massacre de musulmans par les Serbes à Srebrenica en 1995 (reconnu en 2001).

Si les deux derniers font partie d'une histoire récente sur lesquelles nos manuels ont généralement tendance à ne pas vouloir s'exprimer, pour laisser justement les historiens faire leur travail, si celui des Juifs & Tziganes est largement traîté, on peut s'étonner que celui des Arméniens ne soit pas (ou très peu) traité... Peut-être parce que cela fait encore débat.

Alors prenons un massacre qui fera consensus, celui de la Traite des Noirs. Reconnu comme crime contre l'Humanité par de nombreux pays, et notamment en France depuis 2001 avec la loi Taubira, ce génocide/massacre (l'appellation génocide n'est pas consensuelle pour des raisons juridiques : génocide est une appellation basée sur des critères dont certains ne sont pas "remplis") aura causé selon les historiens entre 60 et 600 millions de victimes.. C'est de très loin la déportation la plus importante de l'histoire. De mémoire, on n'en parle pourtant pas beaucoup dans nos livres d'Histoire. Et, à la faculté, au lieu d'étudier les baillages et les sénéchaussées, peut-être devrions nous nous intéresser à sujet qui nous touche tout autant (car le commerce triangulaire passait bien évidemment par la France).

Bien sûr, les livres d'histoire ne peuvent tout accueillir, mais quitte à rajouter quelques heures sur l'année pour enseigner cela aux lycéens, je pense que ce serait essentiel : montrer aux "descendants" de ces esclaves, tout aussi lointains qu'ils sont, que la France a un devoir de repentance, nous montrer à nous même que nous savons affronter notre passé, et permettre aux étudiants de comprendre l'histoire et de les ouvrir à la tolérance...

30 avril 2006

Fil info Tolbiac : La Fin, mais..

Bonjour à tous.
Etant extrêmement occupé cette semaine, je n'ai pu rien faire jusqu'ici. Tous je pense êtes conscients de la situation du centre PMF et même de la plupart des universités françaises, à savoir la reprise des enseignements dans des conditions normales.
Mardi, en effet, une AG s'est tenue. Regroupant environ un millier de personnes, et durant trois heures, celle-ci a vu plusieurs motions adoptées, avec notamment "Déblocage du centre PMF de manière définitive". Ainsi, les cours qui avaient de fait repris depuis Lundi matin, ont définitivement (?) repris. D'autres motions ont été adoptées, notamment "Rétablissement de la compensation annuelle cette année" pour pallier les effets de la grève sur les diplômes, mais aussi "Non-pénalisation des absences en TD" pour que les étudiants qui désirent poursuivre le mouvement puissent le faire sans être pénalisés, tandis que la motion appelant à ce que la fac de Tolbiac reste "en grève" malgré que les blocages n'aient plus lieu fut rejetée
Cette dernière AG, de fait, enterrait en partie le mouvement "de masse" sur Tolbiac. Depuis, un comité de mobilisation s'est réuni Jeudi soir, comité qui a décidé de la poursuite du mouvement sous d'autres formes, en continuant à se mobiliser, notamment pour la manif contre la loi CESEDA (dite manif contre l'immigration jetable), hier après-midi, et demain, pour la traditionnelle manif du 1er mai, le rdv est donné à République, départ 14h. Le soir, Métro Blanche, le MayDay, rassemblement européen contre la précarité, aura lieu à 18H. Enfin, le prochain comité de mobilisation tolbiaquien est à 18h dans la fosse.

Les blocages et la grève étant terminés, tout le monde vaque à nouveau à ses occupations (moi le premier par ailleurs). Je vous invite encore une fois à garder ce blog ds vos favoris. Dès que possible, ce soir peut-être, je vous ponderai un petit article, et j'essaierai de transformer ce blog vers la formule qui prévaudra par la suite, à savoir blog d'actualité (notamment politique) participatif et intéractif.

Merci à tous, jusqu'à 3000 visites / jour, plus de 100 commentaires quotidiens, quelques mots dans Libé, l'URL affichée partout ds Tolbiac, vos soutiens, vos remerciements, c'est une bien belle aventure qui s'achève partiellement, mais tout n'est pas fini, et j'espère vous voir tjs plus nombreux sur ce blog.

:)

ps : deux images, la première est évidemment un remix du stop la grève fait par un anonyme, j'ai beaucoup aimé, et la deuxième, après de longues tergiversations, restera pour moi ma photo de coeur du mouvement. Je vous en soumettrai quelques unes d'ailleurs ;)

24 avril 2006

Fil info Tolbiac : Lundi 24 Avril

Bonsoir à tous.
Avant toutes choses, quelques précisions, avant de me recevoir une sacrée volée d'insultes dans les commentaires : je suis désormais opposé au blocage de Tolbiac car le mouvement est trop arrêté pour continuer. J'exprimerai ici des positions diverses, et, après avoir fait un point d'informations factuelles.. J'expliquerai ma position, ça risque de choquer, mais j'ai pas mal de chose sur le "coeur". Enfin, je précise que ce blog, lorsque le mouvement sera fini, se reconvertira en blog d'actualités politiques et de débats, donc je vous invite à le garder dans vos favoris. Je vous remercie.

Le déblocage de Tolbiac
Ce matin, une foule dense se pressait devant les grilles de PMF. A 8h30, environ, l'administration ouvra les grilles, suite à quoi se ruèrent à l'intèrieur du centre les étudiants bloqueurs afin d'organiser des chaînes humaines et d'empêcher l'accès aux salles de cours. Après quelques coups échangés et quelques bousculades, suite à l'appel de Mr Hénin, présent sur les lieux, une AG spontanée s'organisa en lieu et place de l'amphi de Gestion, amphi N donc. Entre 700 et 800 étudiants étaient présents dedans. Ceux-ci votèrent tout d'abord contre le fait de tenir des débats, puis se prononcèrent en faveur "d'un déblocage définitif de la faculté". Les étudiants opposés au blocage se ruèrent alors à l'extèrieur de l'amphi, et commençèrent méthodiquement le déblocage de la faculté, en délogeant, parfois par une violence somme toute modérée, les chaînes humaines, en sortant du rez-de-chaussée les tables amassées par les étudiants bloqueurs. Vers 9h30, 10h, le remue-ménage s'estompa, et le déblocage était effectif : après 8 semaines de blocage, les cours reprirent.

Pour ce qui suit, demain, vers 11h, un blocage partiel sera organisé, afin de permettre à tous les étudiants de venir en AG, à 13h, Amphi N. Cette AG, qui a priori n'a pas pour but de s'exprimer sur la question du blocage, permettra de faire un bilan de la mobilisation de ces 8 dernières semaines, et de donner au mouvement de nouvelles perspectives, notamment en vue de la journée de manifestations du lundi 1er mai. Il est important que tous les étudiants qui désirent se mobiliser, notamment pour le retrait du CNE et de la LEC, y assistent, quelque soient les moyens qu'ils désirent employer pour.

J'espère n'avoir rien oublié.

Point de vue personnel
Mes chers lecteurs, digressons !
Après 8 semaines de blocage, ou je me suis souvent flagellé mentalement puisque je prenais en quelques sorte la liberté d'autres étudiants, je peux dire que je n'ai rarement été aussi content d'avoir bloqué pendant tout ce temps, que ce matin. Je n'en veux surtout pas aux anti-bloqueurs, que je respecte au moins pour leur courage et leur mobilisation constante. Bien que je sois désormais contre le blocage, voir une fac débloquée par 99% de personnes qu'on n'a absolument pas vu pendant le mouvement, je trouve ça tout aussi étonnant qu'absurde. Résultat, on peut dire que la seule "gagnante", c'est l'administration, qui par ses manipulations, a réussi à obtenir ce qu'elle voulait, ce qui quelque part est normal.. Mais bon, par des manoeuvres aussi pitoyables : appeler à une AG ainsi, appeler à la violence, rire de voir celle-ci se produire, se servir du baissage de culotte (tant attendu ceci-dit) de l'UNEF pour pouvoir parvenir à ses fins, ça montre bien que l'administration a peu de fierté...
Quant à l'AG, c'était tout aussi désolant qu'amusant. Pas de tribune, pas d'ordre du jour, je comprenais tout à fait pourquoi les bloqueurs en contestaient la légitimité. En + , 700 ou 800 personnes seulement, d'autres AG ont voté le blocage à 1200...
Les cours ont repris, c'est une bonne chose, car il aurait bien fallu les reprendre un jour, reste que pour le CNE et la LEC, de toute évidence, c'est foutu, et ça c'est bien dommage.
Ce mouvement aura permis beaucoup de choses, des solidarités et des amitiés se sont créés, nous avons pu obtenir satisfaction sur une partie de nos revendications, et subir une formation au monde politique, au monde syndical et au monde des médias accélérée. Nous avons pu voir aussi à quel point l'égoïsme était présent en quantité chez les hommes, chez tous d'ailleurs : les bloqueurs qui pensaient à défendre leur cause et empêchaient la liberté d'autre, les anti-bloqueurs qui ne pensaient qu'à aller en cours et ne voulaient pas se mobiliser en solidarité..
Ce matin, c'était pour moi comme pour d'autre surement une sorte de "gueule de bois" (j'ai eu la même expression que toi Sandrine). Tout s'arrêtait d'un coup, et c'était assez dur. Que vous détestiez les bloqueurs ou pas, je pense que vous pouvez comprendre que voir quelque chose dans lequel on s'est autant investis s'éteindre ainsi, c'est difficile. Il était évident, obligatoire même, que cela finisse un jour, mais bon.. C'est tjs difficile le jour même.
Maintenant, tout n'est pas fini, mais un sérieux coup de canif entaille ce mouvement.
Rideau clos.. pour l'instant.

21 avril 2006

Actualités..

Deuxième édition - Samedi 20h30 (Communiqué du président, précisions)

Bonjour à tous.

Longtemps que je n'avais pas posté, et pour cause, pas énormément d'infos à se mettre sous la dent.
Une AG s'est tenue hier dans les locaux de P7 - Javelot, réunissant une cinquantaine de personnes. Après de très long débats, portant sur des points variés, il a été notamment décidé qu'une nouvelle AG se tiendrait Mardi à 13h, dans l'amphi N.
Il vous appartient donc de venir, comme toujours, pour exprimer votre avis.

Concernant les thèmes de la mobilisation, beaucoup de commentaires demandaient ce que les mobilisés de Tolbiac (et de France) réclamaient. Désormais, puisque le retrait du CPE a été obtenu, les étudiants grévistes se focalisent sur les 2 autres points majeurs de revendication, à savoir le retrait du CNE (contrat nouvelles embauches), et le retrait de la LEC (loi d'égalité des chances). Ces deux revendications, présentes dès le départ de la mobilisation, constituent les principales demandes des étudiants, auxquelles se greffent des revendications plus variées.

Le retrait du CNE est invoqué car celui-ci correspond point pour point au CPE mis à part qu'il s'applique pour tous, et dans les entreprises de moins de 20 salariés (correction effectuée, merci. je m'embrouille la tête à cause d'un article de journal qui disait que des sociétés de + de 20 salariés créaient des sociétés écrans, plus petites, pour embaucher en CNE).
Quant à la LEC, malgré quelques dispositions intéressantes, telles que le CV anonyme, elle instaure tout de même la possibilité du travail dès 14 ans, le travail de nuit dès 15 ans, ou encore la suppression des allocations pour les "mauvais parents", c'est à dire les parents dont les enfants pratiquent par exemple l'école buissonière. Je tiens à préciser (c'est mon avis personnel ici, vous vous en doutez) que cette dernière mesure a déjà été instaurée en Angleterre et qu'elle n'a pas fait ses preuves.

Concernant le blocage, beaucoup de questions et d'interrogations se font, et elles sont légitimes. Je le rappelle, une fois de plus, c'est par les AG que vous serez les mieux informés et participer à la vie de la mobilisation et/ou de la faculté.

Par ailleurs, Mr Pierre-Yves Hénin, président de l'université, a publié un communiqué sur le site de P1, que je retranscris ici :
Message du Président - 21 avril 2006

Comme j’en exprimais l’espoir dans mon message du samedi 8 avril, les conditions d’une reprise générale de nos enseignements dès lundi 24 matin sont maintenant réunies.

Tous les sites de l’université seront normalement ouverts.

Les étudiants, enseignants et autres personnels travaillant au centre Sorbonne sont invités à se munir de leur carte d’étudiant ou leur carte professionnelle pour répondre à un éventuel contrôle des accès.

L’ensemble des enseignements, cours et travaux dirigés, seront assurés à leurs horaires habituels.

Les nouveaux calendriers de rattrapage et d’adaptation de la session d’examen de juin seront communiqués dans les meilleurs délais, après examen par le CEVU le jeudi 27 avril.
Avec la reprise générale des enseignements, ces aménagements permettront la tenue des délibérations et la délivrance des diplômes avec un retard limité et ne dépassant pas en tout état de cause, pour les cursus les plus affectés, deux semaines par rapport au calendrier initialement prévu.

Le Président
Pierre-Yves Hénin

Je tenais aussi à rappeler encore une fois à mes fidèles lecteurs quelques "positions" personnelles : tout ce que j'écris ici, mis à part mention explicite, n'est pas systématiquement mon opinion. Il s'agit de retranscrire les opinions du mouvement en cours. Je partage parfois ces opinions, souvent même, mais je me charge surtout (du moins j'essaie) de vous les exprimer et de vous les expliquer, afin que vous compreniez mieux. Lorsque je lis des commentaires me prenant personnellement à partie ou du type "vous les grévistes", je suis un peu déçu de voir que ce message n'est tjs pas passé, mais bon.. Lorsque plus haut, par exemple, j'explique pourquoi la LEC est rejetée, même si l'aspect de l'argumentation laisse à penser que c'est une opinion personnelle, je ne fais que reprendre les arguments invoqués par les AG étudiantes. C'est ensuite, lorsque je dis "ceci est mon avis personnel" que je prends position.
Voilà.

A très bientôt, donc, n'hésitez pas à me poser des questions dans les commentaires, j'essaierai d'y répondre assez vite.

PS : Le 21 avril est un bien triste anniversaire. Rappelez-vous, il y'a 4 ans..
Pourtant, d'autres choses sont plus gaies : ça fait aussi 62 ans que les femmes ont le droit de vote en France !

14 avril 2006

Les sans-papiers

Oui, je suis en vacances, mais bon je garde un (petit) oeil sur ce blog, et je tenais à vous faire part d'une info qui est tombée il y a pas longtemps.
Nous avons beaucoup discuté, et essayé de soutenir les sans papiers qui occupaient un local près de Tolbiac. Les étudiants de Javelot y ont séjourné pendant plusieurs nuits aussi.

Voici la dépêche AFP...
Evacuation des sans-papiers qui occupaient un lieu à Paris depuis le 18 mars

Des CRS et gendarmes mobiles ont évacué, vendredi entre 21H00 et 22H00, les sans-papiers qui occupaient depuis près d'un mois des locaux de l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrations (ANAEM) à Paris, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les forces de l'ordre sont intervenues sur réquisition de la direction de l'ANAEM, propriétaire de ces locaux vides, 18 rue Auguste Perret, dans le XIIIe arrondissement, selon la préfecture de police de Paris.


Selon Jean-Claude Amara, porte-parole de l'association Droits devant!, "200 sans-papiers" occupaient les lieux.

Vers 22H00, les locaux avaient été entièrement évacués.

Quelque 70 hommes, pour la plupart originaires d'Afrique noire, attendaient encore, avec leurs sacs de couchage et sacs à dos, d'être embarqués dans des cars de police.

Une trentaine de manifestants protestaient, à l'angle de la rue Auguste Perret et de l'avenue d'Italie, en criant: "première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d'immigrés" ou "solidarité avec les sans-papiers".

Depuis le 18 mars, plusieurs centaines de personnes en situation irrégulière se relayaient jour et nuit pour occuper les bureaux vides de l'ancien service social d'aide aux émigrants (SSAE). Les occupants avaient rebaptisé le bâtiment "Maison des collectifs sans-papiers" et une large banderole y avait été accrochée, portant les mots: "Régularisation des sans-papiers, abrogation des lois racistes et xénophobes".

Les occupants réclamaient notamment le retrait du projet de loi Sarkozy sur l'immigration, qui doit être examiné à l'Assemblée nationale les 2, 3 et 4 mai prochains. Ils demandaient également la régularisation globale des sans-papiers, le retrait de la loi pour l'égalité des chances et le retrait de la circulaire du 21 février qui, selon les collectifs, remet en cause leur droit à se faire soigner.

Le MRAP a dénoncé dans la soirée "avec vigueur" l'évacuation.

Voilà, donc, une bien mauvaise nouvelle..
Sinon, le fil info Tolbiac continue ici : http://lacommunelibredetolbiac.blogspot.com
Bonnes vacances, bonne mobilisation à tous.

12 avril 2006

FSU Censier - Javelot

Voici le programme des jours à venir pour le FSU (Forum Social Universitaire). Et après, promis, je m'en vais.. :p

A CENSIER:

MERCREDI 12 de 13 à 16h, "Histoire du mvmt alter-mondialiste" (amphiA);
de 14h30 à 16h30, "Amerique latine: entre réformes et révolution" (amphiB)

JEUDI 13: 14-17h "Guerre et mouvements anti-guerre"

VENDREDI 14: 14H "néo-colonialisme et colère ds les banlieues" (amphi B)

A JAVELOT :

LUNDI 17: 10-12H "Europe forteresse et migration"; 13-16H "les médias"

MARDI 18: 10-12H "féminisme (projection et débat)"

MERCREDI 19: 10-12h "luttes lesbiennes, gays, bi- et transexuels"

JEUDI 20: 10-12H "démocratie" (intervenants, débat);
14-16h "précarité et casse du droit du travail" (intervenants, débat);
17-19H "un autre monde est-il possible?:stratégie du mvmt global"

Voilà.
Je rappelle, Censier est situé métro 7 - Censier Daubenton, Javelot est situé en face de PMF, sur la dalle des Olympiades, à gauche en montant.

Ce coup-ci, je m'en vais.
Bonnes vacances à tous, et surtout, je l'espère, bonne mobilisation !

10 avril 2006

Goût amer

Je triche un peu, car je ne pars en vacances que mercredi midi.
En attendant, je le rappelle une fois de plus, le fil info Tolbiac est ici : http://lacommunelibredetolbiac.blogspot.Com

Je voulais juste m'exercer à ce que j'aime, à savoir, les méditations !

Ce matin, comme vous le savez sûrement, Dominique de Villepin a annoncé que le CPE serait remplacé. Comprenez bien évidemment que le CPE est retiré, et qu'on cale à la place un dispositif plus ciblé pour favoriser l'insertion des jeunes peu ou pas qualifiés en entreprise.

Après plus d'1 mois et demi d'arrêt des enseignements, d'actions coups de poings et d'épuisement quotidien en AG, sur les piquets, ou en manif, le goût de la victoire est amer. Car honnêtement, je crois que le CPE m'importait moins que la LEC (loi sur l'égalité des chances). On se retrouve donc pour l'instant avec un CPE retiré mais avec une LEC qui va s'appliquer en l'état. Les syndicats sont unanimements satisfaits, la confédération étudiante de Julie Coudry appelle à stopper les blocages, Rennes II, première fac en grève, vient de lever son blocage, tout comme Lyon II ou St Etienne.. Le mouvement prend déjà une tournure, celui du déclin. La manifestation de demain ressemble à un baroud d'honneur (alors que les médias, contre lesquels je tairais ma colère, pratiquent une désinformation terrible, indiquant que les manifestations sont désormais contre la LEC et plus seulement contre le CPE..), et la date de la réouverture de la Sorbonne est connue : le 24 avril. Le dispositif policier sera par ailleurs levé bientôt.

Après donc 1 mois et demi de mobilisation monstre dans toute la France, on n'aboutit qu'à un minuscule retrait. C'est terriblement décevant. On appelait à beaucoup de bêtises, mais on appelait à des choses concrètes : retrait de la LEC, du CNE ou encore démission du gouvernement. Beaucoup d'entre nous se seraient satisfaits du retrait des deux premières lois, mais là, on a plutôt le sentiment que le gouvernement, bien qu'il ait reculé sur le CPE, ait réussi le pari d'étouffer complètement la contestation contre les autres mesures.

Amer, donc, de voir que toute cette mobilisation a réussi, mais qu'à moitié.

PS : désolé, c'était un petit coup de gueule..

08 avril 2006

Vacances

Bonjour à tous.

Pas de post hier, aucun aujourd'hui non plus, et pour cause : départ en vacances.
Si des personnes désirent prendre ma relève jusqu'à la fin de la semaine prochaine, qu'elles n'hésitent pas à se proposer à moi en me contactant par mail (asty@fr.st).

En attendant, ce blog est donc temporairement (notez bien que c'est temporaire) fermé pour cause de non MAJ.

Une personne de Tolbiac prendra une sorte de relève sur un autre blog : http://lacommunelibredetolbiac.blogspot.com .

Voilà, je vous souhaite de bonnes vacances et vous dis à très vite !

Guillaume

Ps : on m'a envoyé ceci par mail, je vous le transmets :
Bonjour,
D'abord, merci encore pour la tenue de ton blog ! Je me permets de te contacter, non pour reprendre le flambeau mais pour te demander si il te semble concevable de mettre en ligne un message de la part des tuteurs d'histoire (dont je suis):
"Majoritairement solidaires du mouvement anti-CPE, les tuteurs d'Histoire du centre PMF se tiennent néanmoins à la disposition des étudiants qui souhaiteraient les contacter pour toute aide méthodologique ou bibliographique. A cet effet, un blog est mis en ligne ce jour : http://tutorat.canalblog.com . Les tuteurs vous informent également de la prolongation de leur permanence - en cas de reprise des cours et TDs - en salle B.706 jusqu'au mois de juin (1ère semaine comprise)."
Il nous est apparu que ton blog était très consulté donc nous nous permettons de solliciter ton aide/relais, dans l'intérêt de tous, nous semble-t-il.
Cordialement

06 avril 2006

Fil info Tolbiac : Jeudi 06 Avril

Bonjour.

Ce post comportera une part importante de mises aux points, étant donné que mes articles se réduisent de plus en plus et qu'en conséquent j'explique de moins en moins bien ce qui se passe à la faculté.

- Tout d'abord, une erreur énorme de ma part, que je me dois de corriger : dans le post du mercredi 29 mars, j'écrivais ceci "D'ores et déjà, il faut préciser à nouveau que l'entrée dans le centre PMF s'est faite avec le minimum de dégradations possible, et avec un accord tacite avec la sécurité : tant que la sécurité des personnes présentes à l'intèrieur du site n'est pas mise en jeu, les étudiants peuvent investir le centre". Je me dois de corriger car plusieurs étudiants m'ont fait remarquer qu'au delà du fait que ça risquait d'être préjudiciable pour les personnes de la sécurité, cela s'avérait totalement faux. Ce jour-là, pour construire mon post, je m'étais basé sur des informations que m'avaient communiqué un étudiant.. qui n'étais pas là ce jour-là. Après une petite enquête, il semble que les étudiants ont décidé seuls de rentrer dans le centre PMF et qu'en aucun cas il n'y avait accord tacite avec la sécurité, je m'excuse donc pour l'aberration de ce jour-là.
- Autre point de précision, je reconnais et j'en suis désolé que mes posts ont tendance à être de plus en plus courts, de plus en plus partisans et donc, il faut le dire, de qualité de plus en plus mauvaise... Je ne peux que vous demander une indulgence qui m'apparaît légitime : j'ai beau être étudiant, j'ai beau participer au blocage activement (je ne le cache pas), j'ai parfois des obligations qui font que je ne peux être de 07h30 du matin à 17h (voire 20h) à la faculté. Ainsi, dans la mesure du possible, je me base sur des informations que je fais concorder, sachant que celles-ci proviennent évidemment des présents à PMF, à savoir les étudiants qui bloquent, et donc qu'elles sont parfois "modulées" en fonction des intérêts de ceux-ci... Reste que j'essaie au maximum de tenir ce blog à jour quotidiennement (sinon le titre n'aurait pas lieu d'être) et que rentrer tous les soirs chez moi pour le faire me pose parfois des problèmes. Qu'importe, je reste votre "dévoué", malgré la diminution du nombre de visites sur ce blog.. Pendant les vacances, par ailleurs, je ne serai pas présent l'une des deux semaines, alors que la mobilisation, bien évidemment, continuera. Je réfléchis à plusieurs possibilités, notamment donner les accès de ce blog à certains commentateurs quotidiens qui m'apparaissent suffisamment investis & neutres pour pouvoir écrire des articles de bonne facture.
Voilà, pour les points de précision, je les poursuivrai néanmoins, vous allez comprendre, dans le post qui suit.

Tolbiac
Je vous invite encore une fois à consulter les commentaires qui vont je l'espère suivre et qui préciseront ce qui s'est passé ce matin car je n'étais pas présent. D'après ce que j'ai pu entendre, il semblerait que les réunions pédagogiques ont été en partie bloquées et ont surtout donné cours à des débats.
Beaucoup de commentaires ont critiqué le mode d'action des bloqueurs, qui était de s'insérer dans les réunions pédagogiques, de demander une tribune & un temps de parole paritaires. Pour préciser, l'intérêt était le suivant. Outre le fait que ces étudiants critiquaient l'organisation de réunion de ce type sans leur accord, ils voulaient éviter aussi et surtout la désinformation de certains enseignants. En effet, certains d'entre eux étant ouvertement contre la grève & le blocage (c'est leur droit, il n'y a pas de problème avec cela), ils se sont permis de donner des informations de toute évidence fausses, telles que "partiels en septembre, pas de rattrapage". Il faut rappeler que l'administration a pour obligation de tenir deux sessions d'examens avec des rattrapages. Ce type d'information, donné notamment dans les réunions pour les étudiants d'économie, sont de la désinformation qu'il importait de corriger.
Ce sera encore une fois mon avis, mais bon : il est évident que l'on doit tous oeuvrer (étudiants bloqueurs ou pas) pour une égalité TOTALE entre les étudiants, afin d'éviter des problèmes. Soyez bien conscients que le taux de réussite aux examens sera théoriquement le même que les années précédentes (ou du moins sensiblement similaire) : si toute une promo redoublait, la fac n'aurait pas les moyens d'accueillir les nouveaux étudiants ainsi que les redoublants. Et pas question de les envoyer dans d'autres facs : pour les étudiants d'histoire, par exemple, rappelons que la majorité des facultés qui dispensent des cours d'histoire sont bloquées : ainsi, on ne pourra évidemment pas réaffecter des étudiants dans d'autres facultés.
Enfin, la question des moyens, et du temps. L'administration n'a évidemment pas les moyens de rattraper l'intégralité des cours qui n'ont pas été dispensés pour cause de blocage. Elle devra donc organiser des rattrapages partiels, notamment au moins de juin. En juillet, les IATOS & les enseignants sont en vacances, en conférences, en séminaires, bref, indisponibles pour prolonger les cours indéfiniment.
Enfin, en septembre, les IATOS organisent à la fois les rattrapages, les inscriptions pédagogiques et administratives, ainsi que les plannings des formations.. Pas le temps pour une véritable session d'examens.
Il apparaît donc (selon moi) que les partiels auront bien lieu fin juin, quelque soit la mobilisation. Ces partiels, en fonction de la durée de la mobilisation, pourront être tout à fait formels. C'est bien là le problème engendré par le blocage.. Les diplomes risquent d'être dévalorisés, et certains étudiants, de filières telles que MASS ou Eco-Gé, ont des enseignements qui leur sont indispensables pour l'année prochaine... Même si l'on pourrait spontanément penser qu'ils pourraient pallier l'absence de cours par un travail personnel à leur domicile, beaucoup ont fait remarqué que la présence des professeurs était indispensable pour que leurs enseignements se déroulent bien. On est donc face à un problème complexe, il apparaît par ailleurs dommage que les enseignants ne soient pas venus faire des propositions concrètes aux étudiants d'alternatives au blocage ou au moins de cours palliatifs non obligatoires.
Voilà.

Pas d'information factuelle sur ce qui s'est passé aujourd'hui, en fait, mais encore une fois un débat de fond que je voulais permettre.
Vers 18h se tenait un comité de mobilisation, il serait intéressant que ce qui en est sorti soit mis en commentaire. Par ailleurs, demain se tiendra probablement une nouvelle AG à Tolbiac.
Celle d'aujourd'hui a été reportée car il était impossible qu'elle soit organisée : l'amphi N étant occupé toute la journée, aucun amphitéâtre n'était disponible pour que celle-ci se déroule dans de bonnes conditions. De plus, il apparaissait aberrant de faire tenir une AG en même temps que des réunions pédagogiques, car cela risquait de pénaliser les deux réunions..

Bonne soirée à tous, n'hésitez pas à réagir.
Merci de votre fidélité !

05 avril 2006

Fil info Tolbiac : Mercredi 05 Avril

Bonjour !
Encore une journée bien agitée sur P1, avec l'organisation de réunions d'informations pédagogiques, qui ont créé quelques problèmes.

Rapidement après avoir mis en place les piquets de grève, les étudiants grévistes eurent à s'organiser pour gérer l'afflux inhabituel d'étudiants. En effet, aujourd'hui, comme demain, se tiennent des réunions d'informations pédagogiques, qui sont censées permettre aux professeurs d'expliquer à leurs élèves comment se déroulera la reprise des cours, en fonction des différents scenarii de reprise de cours. L'hypothèse de travail retenue par ces profs était une reprise des cours le lundi 24 avril.
Dès la première réunion, pourtant un problème se posa : les étudiants grévistes ne pouvaient assister à ces réunions, l'un d'entre eux se fit même traiter de nazi par un prof...
La réunion du comité de mobilisation qui s'ensuivit tenta d'adopter une ligne claire en réaction à ces réunions. Il fut finalement adopté que les étudiants grévistes laisseraient ces réunions se dérouler, mais qu'ils demandaient à y assister, et à avoir un droit de parole conséquent, ainsi qu'une tribune paritaire.
Lorsque les réunions eurent lieu, pourtant, les grévistes firent preuve en partie d'un certain laxisme. Dans la réunion à laquelle j'assistai, celle des L3 Mass, les étudiants grévistes rentrèrent calmement dans l'amphi et après quelques discussions avec les professeurs, s'assirent et écoutèrent calmement le débat. Quelques tensions apparurent cependant assez vite, car certains professeurs tentaient d'empêcher les grévistes de parler. Un peu de bruit rétablit donc ce droit de parole, et par la suite, le débat put porter sur la reprise des cours en fonction de la fin du mouvement. Les professeurs avaient préparé un scénario : reprise des cours le 24 avril, cours jusqu'au 10 juin, partiels du 12 au 24. Ainsi, au lieu des 12 semaines habituelles, les étudiants pourraient assister à 9 semaines, ce qui fut communément admis comme un retard relativement négligable. Néanmoins, les étudiants grévistes s'efforcèrent d'apporter un contre-coup aux déclarations dramatisantes de certains enseignants, rappelant au besoin ce qui se passa pour les précédents mouvements. Ainsi, la réunion se tint dans un climat un peu agité mais cela permit beaucoup d'éclaircissements : dans le cas d'une reprise dès la rentrée, l'année ne serait que peu tronquée. Les étudiants grévistes purent aussi observer que tous les UFR n'étaient pas aussi radicaux envers leur mouvement.
Demain, Jeudi, de nouvelles réunions se déroulent, avec notamment les L1 / L2 Histoire ou les L1 / L2 Gestion. Vous pouvez consulter le planning ici.

A 16h30, cette après-midi, s'organisa un blocage du site Panthéon. Vous retrouverez des infos de cela je l'espère dans les commentaires.

Dernière info : vu l'organisation des réunions d'information pédagogiques, il est possible que l'AG de demain soit reportée. En effet, ces séances risqueraient d'empêcher la bonne tenue d'une AG puisque les étudiants seraient retenus dans leurs réunions.

Voilà.
Bonne soirée à tous, merci pour votre fidélité

Fil info Tolbiac : Mardi 04 Avril

Bonsoir à tous.
Encore une journée marquante, avec une AG Tolbiaquienne et une énorme manif parisienne.
Mon article, une fois encore, j'en suis désolé, sera relativement court, car je n'ai pu assister à toute la manif.

L'AG de Tolbiac
Aujourd'hui, à 10h, se tenait à Tolbiac une AG.
Avant celle-ci se déroulait la réunion d'organisation du SO, afin de définir les modalités d'organisation de celui-ci pour la manifestation de l'après-midi.
A 10h15, donc, commença l'AG. L'ordre du jour comprenait une première partie sur les bilans, puis une partie comprenant les "discussions générales", et enfin la définition des mandats pour la coordination francilienne de demain. Encore une fois, l'impératif horaire causa beaucoup de problèmes. Il importait que cette AG se termine à 12h, afin que l'on puisse partir sans problème aucun en manifestation immédiatement après, seulement, vu le nombre encore conséquent des motions proposées, l'AG se termina peu avant 13h.
La discussion générale comporta un point important sur le bilan de la coordination nationale étudiante de Lille, qui s'est déroulée le week-end dernier. Nos mandatés dénoncèrent une fois de plus la mainmise de l'UNEF sur les débats, ceux-ci exerçant un droit de censure sur les motions proposées, ainsi que des menaces d'exclusion lorsque nos mandatés se plaignaient du comportement oligarchique de la tribune.. Plusieurs délégations ont décidé de ne plus participer aux coordinations nationales. A retenir, encore une fois, l'appel à la grève générale reconductible, et à la démission du premier ministre, Dominique de Villepin. La prochaine aura lieu le week-end prochain à Lyon.
Le bilan se poursuivit sur celui des commissions, avec le point de plus en plus régulier de la commission banlieue, des points sur les prochaines actions avec les intermittens & les sans-papiers (match de football samedi à 14h dans leur squat de la rue auguste perret, ds le XIIIème, près de PMF).
Le point de discussion générale prit ensuite le relais, et beaucoup de motions furent proposées. Si la plupart furent adoptées (avec notamment, la demande de l'ouverture de PMF pendant les vacances, la demande qu'aucun représentant du bureau national d'un syndicat ne soit à la coordination nationale étudiante, etc..), une proposition d'occupation de nuit immédiate et à durée indéterminée fut rejetée à une quasi-unanimité (moins il me semble la voix de la personne qui a proposé). Chose "inquiétante", alors qu'ils n'étaient pas apparus depuis pratiquement un mois, nos amis "totos" étaient présents aujourd'hui, à une dixaine, et tentèrent de faire passer des motions appelant notamment aux occupations nocturnes.
L'AG se finit sur la désignation des mandatés à la coordination nationale.
Un étudiant opposé au blocage de la faculté s'exprima, de fort belle manière, pour nous exprimer sa sympathie envers l'objet de la lutte, même s'il regrettait les moyens mis en oeuvre pour que celle-ci se poursuive.
Prochaine AG, jeudi, 10h.

La manifestation
Le rdv était encore une fois pr St Hippolyte & Tolbiac dans la fosse de PMF, afin de faire un départ groupé. Le cortège se rendit métro "Filles du Calvaire", et après quelques discussions entre les deux SO, les cortèges des deux centres se séparèrent.
N'ayant pas été présent pendant toute la manif, je ne peux que vous dire qu'il semblerait que tout se soit bien passé pour notre cortège. J'en saurai sûrement plus demain.
Au niveau national, cette nouvelle journée de manifestations est un succès : autant voire un peu plus de personnes que le 28 mars, avec à Paris entre 84000 (police) et 700000 (organisateurs) personnes. A titre indicatif, je suis passé place de la République vers 18h, et le cortège de la CNT s'ébranlait à peine, tandis qu'à place d'Italie les premiers cortèges étaient arrivés depuis déjà deux heures.
Ce gros succès renforce donc la pression sur les parlementaires UMP qui doivent élaborer une proposition de loi.

Revue de presse
Puisque la dernière fois, et je l'avais dit il me semble, j'avais publié des articles plutôt "pro-mobilisation française", je publie maintenant des articles qui y sont opposés. Merci à l'auteur du commentaire qui m'a cité ces journaux.

Beaucoup d'analystes étrangers ne comprennent pas que la France, pénalisée par une croissance faible et un chômage élevé, refuse d'assouplir les règles en vigueur sur le marché du travail. C'est dans les pays où les emplois précaires sont désormais la règle que l'incompréhension est la plus grande, comme aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou encore en Italie - où la flexibilité constitue l'un des thèmes clés de la campagne électorale de Romano Prodi, candidat de gauche.
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Pour le New York Times, "le capitalisme est diabolisé au profit du souvenir d'un passé révolutionnaire romantisé".
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El Pais, quotidien espagnol de centre gauche, estime que "comme pour la Constitution européenne, la France est victime de ses peurs ne veut pas aller de l'avant".
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L'éditorialiste du journal espagnol El Mundo s'en prend aux "enfants gâtés de la gauche". De l'autre côté de l'Atlantique, le Wall Street Journal voit dans les manifestations "les derniers symptômes d'une démocratie malade". D'après le quotidien économique, "si la France veut renverser sa tendance (...) elle a besoin de mettre à bas les barrières de la législation du travail dans tous les secteurs, et pas seulement pour les moins de 26 ans."
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"Le problème, écrit l'International Herald Tribune, c'est que la France manque d'hommes politiques capables de parler franchement, de solutions réelles et définitives". Pire, le même journal accuse Jacques Chirac d'avoir exacerbé le réflexe français de défense inconditionnelle des acquis sociaux, en cautionnant l'idée - de gauche - que tout risque individuel était inacceptable.

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Source: http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=3037

Voilà.

Je pense que pour aujourd'hui, c'est tout !
Demain, Tolbiac sera ouvert, mais bloqué, le 17 rue de Tolbiac fermé, et le centre St Hippolyte ouvert, mais bloqué. J'en profite pour rappeler que demain des réunions pédagogiques se tiendront à PMF, réunions dont le programme est disponible sur le site de Paris I.

Bonne nuit à tous!

03 avril 2006

Fil Info Tolbiac : Lundi 03 Avril

Bonsoir !
Tout d'abord, merci à tous, car aujourd'hui le blog est passé dans Libé (je vous retranscrirai l'article lorsque ma motivation sera revenue), cela n'aurait évidemment pas été possible sans vos nombreuses visites et votre fidélité, alors encore une fois, merci beaucoup :)

Tolbiac
Après le week-end animé par l'intervention de notre cher président, le risque était que certains se soient fait "embobinés" par le discours présidentielle et se disent que celui-ci ayant accepté des concessions, la mobilisation n'avait plus de sens.
Pourtant, ce matin, c'était un nombre assez important de personnes qui était là pour bloquer, encore & tjs, PMF. L'on apprit très vite que la journée était considérée comme "banalisée" et donc que l'on n'aurait pas à s'attarder sur les piquets de grève, afin de pouvoir s'occuper de la mobilisation, et de l'activité pour la semaine à venir.
Le comité de mobilisation se fit donc, et posa plusieurs questions, notamment "Comment agir pendant les vacances ?", "Quel programme adopter pendant la semaine ?", etc.. Le but était de se préparer au mieux à ce coup d'arrêt évident que vont constituer ces deux semaines de ruptures.
S'il a été voté en AG vendredi le principe de la tenue d'un forum social pendant les vacances à Tolbiac, deux dates s'opposaient, ce qui sera bientôt réglé.
Aujourd'hui, Mr Jacques Manesse faisait une conférence ayant pour thème : "la fin de l'état providence ?"

Au niveau des actions, les étudiants bloqueurs de Tolbiac sont aujourd'hui allés épauler de nombreuses facs, comme celle de Jussieu, qui a revoté le blocage a une large majorité, dans le cadre d'une AG en plein air. Ils se sont ensuite rendus en assez petit nombre à Montreuil, en délégation au siège de la CGT, pour exhorter celle-ci à appeler à la grève générale.

Enfin, et c'est très important, un communiqué est paru sur le site de P1 :
Dans la situation qui prévaut actuellement, nous ne sommes pas en mesure de prévoir la date à laquelle les enseignements pourront reprendre normalement au centre Pierre Mendès-France.

J’ai indiqué au conseil d’administration du lundi 27 mars l’objectif de terminer d’ici le 30 juin, soit avec un décalage qui ne pourra pas dépasser deux semaines, les activités de rattrapage pédagogique et les examens permettant de valider le second semestre de l’année universitaire dans des conditions compatibles avec la qualité de nos diplômes. La réflexion est engagée dans les UFR pour mettre au point dans ce cadre l’aménagement des calendriers et les modalités pédagogiques les plus appropriées.

Cette réflexion n’est pas achevée et nous ne serons pas en état d’annoncer dès maintenant le calendrier détaillé des enseignements et des examens. Cependant, à l’approche des vacances, il y a une demande aussi forte que légitime de la part des étudiants d’être informés des dispositions envisagées.

C’est pourquoi, en accord avec les directeurs de composantes, j’ai décidé d’organiser une série de réunions d’information pédagogiques.

Pour chaque année de diplôme de licence localisée au centre Pierre Mendès-France, les étudiants seront conviés à rencontrer l’équipe pédagogique en charge du semestre en cours.

Cette réunion sera l’occasion de faire connaître, au moins dans leurs grandes lignes, les calendriers actuellement envisagés et de donner, pour chaque matière, les conseils pédagogiques ( bibliographiques, méthodologiques, d’accès à des ressources en lignes ou des formules de tutorat ....) appropriés compte tenu des adaptations prévues du programme des cours et des travaux dirigés. Je sais nombreux les enseignants qui souhaitent une telle occasion de rencontrer leurs étudiants pour leur apporter indications et conseils, malgré les incertitudes qui demeurent, et je compte sur leur participation . De même, je souhaite que le plus grand nombre des étudiants concernés puisse participer à ces rencontres, en vue d’organiser au mieux leur propre travail personnel. Je vous invite donc à diffuser largement cette information aux collègues et étudiants qui ne consulteraient pas spontanément le site de l’université ou leur messagerie électronique.

Le programme des réunions prévues par UFR et année de licence, les mercredi 5 et jeudi 6 Avril 2006, est disponible ici.

Ce programme laisse des plages horaires disponibles pour permettre l’organisation d’assemblées générales ou autres réunions qui pourront nous être demandées dans le cadre de la mobilisation en cours.

Pierre-Yves Hénin
3 avril 2006


Je vous invite donc à venir à la fac le jour concerné par votre formation afin de vous tenir au courant des décisions prises par l'administration concernant votre diplôme.

St Hippolyte
Aujourd'hui se tenait l'AG dite d'urgence de St Hip, dans la mesure ou jeudi dernier, des étudiants ont volé des bulletins lors du dépouillement et donc que le scrutin a été considéré comme nul.
Cette nouvelle AG, assez bien menée, fut l'occasion de voir de nombreuses interventions. Les points de l'ordre du jour étaient nombreux : point sur la coordination nationale, sur la décision du conseil constitutionnel, sur l'intervention du président de la république, sur la mobilisation, mais aussi point perspectives, décision de la nouvelle AG et des modalités de vote.
Cette AG, plus longue qu'à l'accoutumée, a donc pris de nombreuses décisions.
Après des débats de qualité et une intervention ovationnée d'une professeur de droit constitutionnel, qui a qualifié Mr. Chirac de monarque d'ancien régime, le débat sur les perspectives se précisa : une tentative de faire voter le blocage à main levée échoua d'environ 30 voix (sur 700). Les étudiants semblaient pourtant décidés à réagir à l'intervention de Mr. Chirac. Plusieurs motions furent votées : soutien aux interpellés et demande de leur amnistie, demande d'une neutralité totale à l'administration et demande qu'elle indique sur son site les infos concernant les centres universitaires, création d'une commission sur les alternatives à la LEC (loi sur l'égalité des chances), création d'une commission sur la réforme de l'université, nouvelle AG vendredi à 11h30, etc..
Le vote du blocage se fit lui en scrutin : au final, avec 250 voix d'avance (je ne connais pas le nombre total de votants), c'est... le blocage total qui passe, et ce jusqu'à la rentrée. Voilà un résultat qui se fait donc bien plus marqué que les dernières fois.
Les résultats complets :
1 166 Votants
OUI: 706
NON: 457
ABSTENTIONS: 2
Nul: 1


Perspectives
Quelques infos : Clignancourt a voté le blocage total, avec 505 pour, 228 contre, 14 abstentions, soit un résultat largement plus majoritaire que les fois dernières. Assas (oui, oui), demain, tient une AG.
A Tolbiac, demain à 10h, se tient une AG. Ensuite, ce sera le départ en manifestation, manif qui partira de République à 14h30, avec Paris I - Tolbiac en 4ème place dans le cortège.
Je vous invite encore une fois à venir à la fac nombreux, sachant que de nombreuses conférences auront lieu dans les prochains jours.

Voilà.
De nouvelles photos sont disponibles ici : www.kant1.org
Bonne soirée à tous (et merci encore pour Libé!)

02 avril 2006

Débats du week-end : Dimanche 02 Avril

Bonjour à tous.
Après une journée passée au concert "Non à l'immigration jetable", à l'appel de 350 associations, il s'agit d'écrire un (petit) article pour vous donner quelques infos.

Manif spontanée de Vendredi soir
N'ayant eu comme infos que celles des journaux, j'attendais un compte rendu de quelqu'un qui y était présent. Merci à Mathieu donc qui s'y est collé.

Résumé de la manifestation nocturne du vendredi soir :

Après avoir passé la fin de la journée devant le commissariat du 13ème pour faire comprendre à nos camarades qu’on pensait à eux (arrestation arbitraire au cours de l’action à Gare de Lyon), nous nous sommes dirigés vers Bastille où un rassemblement devant l’opéra Bastille était prévu pour écouter l’allocution du « président de tous les français ». A partir de 19h, il y avait déjà pas mal de monde (entre 1 et 2 milliers de personnes), il a été décidé de s’installer sur la place pour écouter le discours si attendu. On ne va pas revenir dessus, un « joli cours de droit public par le chef de l’Etat » (« je promulgue la loi, mais il ne faudra pas l’appliquer… »).

La fin du discours du chef de l’état était franchement inaudible, devant l’agacement qui montait sur la place de la Bastille. Une première manifestation sauvage est partie avant la fin du discours vers l’Assemblée nationale, à l’initiative des étudiants, en passant par l’hôtel de ville et par la rive gauche de la seine. Arrivé devant l’assemblée, une très fine ligne de CRS voulue s’interposer pour nous empêcher d’approcher. Cette ligne fut brisée sans violence devant le nombre très important des manifestants. Il fut tenté de reprendre symboliquement l’Assemblée nationale. Devant l’impossibilité du fait de l’arrivée de renfort de CRS, nous nous sommes mis en marche vers la Concorde où la place fut paralysée. Les CRS se mettant en place, la manifestation brillante, mais non violente, retourna vers Hôtel de ville par la rue de Rivoli afin de rejoindre l’autre cortège des syndicats et organisations politiques qui avaient démarré une heure après la première manifestation sauvage ( entre 2 et 3 milliers de manifestants). On a pas mal marché en passant par l’Opéra où on a contourné un barrage de CRS (ils se sont pas mal déplacés eux aussi hier). Après être passé dans les beaux quartiers de Paris, nous sommes retournés vers la Concorde puis l’Assemblée nationale où bizarrement il n’y avait plus de CRS. On a à nouveau essayé d’ouvrir les grilles de l’Assemblée symboliquement. Les CRS se sont à nouveau pointés, mais n’ont pas pu atteindre directement l’Assemblée, les manifestants ayant fait des chaînes pour empêcher les camions d’avancer. On a été rapidement pris de cours par leur organisation (ce sont des pros, il n’y a pas à dire). On a alors pris la direction de Matignon, mais nous n’avons pas pu nous y rendre devant la présence policière et le risque que comportait le fait de marcher dans de petites rues étroites. On pris alors la direction de la porte arrière du Sénat qui fut malmené, mais elle ne céda pas. Le symbole était cependant là, la tentative de reprise par le peuple des organes représentatifs de ce dernier. La manifestation, qui avait perdu quelques éléments à Concorde, (les CRS ayant coupé la fin de la manifestation pour mieux la gérer, le droit de manifester n’étant apparemment que très secondaire à leurs yeux…) s’est rendu dans la quartier latin en entonnant le célèbre slogan : « la Sorbonne, elle est à nous, on s’est battu pour la gagner, on se battra pour la garder ». Arrivé devant la Sorbonne, il fut ordonné la dispersion devant le gaz et l’impossibilité de forcer les grilles anti-émeutes. Il était grand temps de rentrer (il était 0h30), afin de chopper pour certains les derniers métros. Quelques affrontements ont continué devant la Sorbonne. D’autres ont pris la direction de Montmarte, Le traditionnel quota d’interpellations d’une centaine de personnes fut mis en place pour ne pas donner envie de redescendre dans la rue…

Mais comme on dit si bien : « aujourd’hui dans la rue, demain on continue ».

A noter l’absence manifeste de casseurs dans cette manifestation qui fut très « bon enfant », une belle réponse à notre cher président…

Voilà.

La presse étrangère
Vu que dans les commentaires, un visiteur se proposait de faire une petite revue de presse étrangère, je vous la soumets ici, pour vous informer de ce qui se dit dans certains pays voisins.
Parce que la France vue de l'étranger ça n'est pas seulement les arguments ineptes des liberaux (pour ce qu'on en a à foutre en plus)...

D¹Allemagne : Heureusement que les Français sont là !

Les défenseurs du libéralisme expliquent que la contestation a des
origines spécifiquement françaises. Ce n¹est pas faux : mener une
politique de l¹emploi sans dialogue social ni débat parlementaire est
spécifiquement français et autoritaire. Mais cela ne peut faire
oublier que les Français se battent non seulement contre la méthode,
mais aussi contre le contenu. En ce sens, ils s¹opposent à une
politique européenne qui redistribue de bas en haut, annihile les
conquêtes sociales et vide de sa substance le droit du travail. Alors
que les changements de régime en Allemagne sont le fruit de guerres
perdues ou de Mur effondré, les Français, eux, les provoquent. Dans
les phases critiques, ils se souviennent des luttes passées. Le seul
fait qu¹ils aient le courage de partir seuls à la bataille mérite
l¹admiration. S¹ils n¹existaient pas, il faudrait les inventer.
Dommage qu¹ils soient encore isolés.

Dorothea Hahn
Die Tageszeitung


DE LA PRÉCARITÉ ET DU MODÈLE FRANÇAIS - De Grèce : Grâce à vous,
étudiants françaisŠ

Dominique de Villepin a son sosie ici, en Grèce. La mesure proposée en
France, qui favorise les licenciements non motivés, a été votée par
l¹Assemblée nationale grecque à l¹été 2005. Personne n¹a alors réagi,
mais la précarité était installée. Aujourd¹hui, les étudiants français
envoient un message qui traverse les frontières et s¹adresse à nos
dirigeants qui prévoient de mettre en ¦uvre une politique de rigueur
néolibérale. Pour les étudiants grecs, le climat social justifie une
contestation générale. Les jeunes veulent s¹appuyer sur l¹initiative
française pour demander le retrait des mesures draconiennes de
diminution du coût des heures supplémentaires et d¹extension des
horaires de travail qui ont précédé la réforme. Les étudiants ont
déserté les universités ces jours derniers, et un appel à manifester a
été lancé pour le 23 mars. Grâce au message des Français, les jeunes
Grecs se sentent prêts à lutter à leur tour contre les manigances des
politiques sur le plan social. Le gouvernement grec craint à présent
une grande mobilisation des travailleurs et des étudiants. Il a
d¹ailleurs pris ses distances avec M. Kyriakopoulos, le président des
industriels de Grèce, qui a provoqué un tollé en apportant son soutien
au Premier ministre français, ce qui lui vaut depuis le surnom d¹³Odysseas de Villepin². Plus qu¹une inquiétude pour la précarité,
les étudiants grecs se mobilisent pour leur avenir. Ils envisagent
même de porter l¹affaire devant l¹Union européenne et demandent pour
cela le soutien des autres pays européens.

Christos Mega
Eleftherotypia


D¹Espagne : Trahison

Les derniers événements viennent confirmer les pires soupçons que l¹on avait sur l¹étape finale de la présidence de Chirac. Une étape qui a débuté par l¹immense fiasco du rejet de la Constitution européenne,
s¹est poursuivie avec la vague de violence dans les banlieues à
l¹automne dernier et commence maintenant à ressembler à une agonie.
Chirac a entraîné Villepin dans ses contradictions. En tentant de
faire passer une loi qui facilite soi-disant l¹accès des moins de 26
ans au premier emploi mais permet aux employeurs de licencier sans
motif, le président et le Premier ministre trahissent, aux yeux de
larges pans de la population, un modèle social français dont ils
disaient vouloir assurer la défense et la continuité.

El Païs


VU DU PORTUGAL - Tant de motifs pour aller crier dans la rue

La jeune psychologue portugaise Joana Amaral Dias, choquée par le
mépris dans lequel on tient les jeunes, se place résolument dans leur camp.

Crédits étudiants, tarifs réduits, Carte jeunesŠ une kyrielle de
privilèges ! Pour les partisans du marché, le torrent humain qui a
investi les rues françaises ne comprend pas que le CPE, qui permet le licenciement sans motif des moins de 26 ans pendant leurs deux
premières années de travail, est une aubaine. C¹est la solution au
chômage des jeunes.
Et les commentateurs n¹ont pas manqué qui ont devisé sur l¹utopie et l¹ignorance de ces Français : s¹ils lisaient les journaux, ils
verraient que, sans le CPE, ils n¹auront pas de travail du tout, ils
comprendraient qu¹on va combattre le chômage en créant plus de chômage.
Ces partisans du CPE ne doivent pas avoir lu, cependant, les divers
rapports montrant que cette mesure ne fera qu¹augmenter le chômage des
jeunes et ne contribuera d¹aucune façon à en combattre les causes. Et,
quand ils les ont lus, ils en concluent qu¹on devrait l¹appliquer à tous. Tous, jeunes et vieux, devraient être sujets au licenciement non motivé. Au moins les choses seraient clairesŠ
Ce que les anti-CPE contestent, c¹est cette scission entre les âges
qui n¹octroie de droits qu¹aux plus de 26 ans. Mais leur contestation
est aussi une lutte contre la légitimation du fossé entre les
générations, contre la précarisation du travail, contre la
discrimination et l¹individualisme. Le CPE ne valorise ni le mérite ni
l¹efficacité. Il s¹en remet au libre-arbitre d¹un quelconque patron.
Cette vague de contestation s¹appuie, évidemment, sur un
questionnement social de fond, plus ample. C¹est l¹exclusivité du
marché que l¹on interroge ici ; et ce sont de nouveaux intérêts
publics qui se dessinent. C¹est bien pour cela que l¹alliance des
jeunes et des syndicats a pu jouer et que la solidarité a pu s¹opposer
à cette mesure de capitalisme sauvage. Le CPE est une attaque contre
les attentes des jeunes, contre la possibilité de voir leurs projets
se réaliser. Bien sûr, ceux qui ­ beaucoup sont d¹anciens
soixante-huitards ­ applaudissent au CPE diront que les jeunes sont
d¹irresponsables enfants gâtés : ils restent chez leurs parents
jusqu¹à 30 ans, n¹ont d¹enfants qu¹après 35 ans, etc. Franchement, ça donne envie de sortir dans la rue et de crier.

Joana Amaral Dias
Diario de Noticias
Et demain...
Quelques rumeurs circulaient aujourd'hui, indiquant qu'un communiqué de la présidence sur le site de P1 allait donner l'injonction de la reprise des cours pour demain, au centre PMF. En réalité, vous pouvez le voir par vous-même, il n'en est rien.
A St Hippolyte, par contre, une AG se tient, à 11h30, AG qui va tenter de remettre en ordre les problèmes engendrés par le vol des 24 bulletins du dernier scrutin. Vous êtes évidemment conviés !
Le 17 rue de Tolbiac, quant à lui, sera fermé (cf : site de Paris 1).

Voilà.
Merci de votre fidélité, & bonne soirée à tous.

01 avril 2006

Débats du week end : Samedi 01 avril

Un bien mauvais poisson d'avril, évidemment !

Bonjour à tous, je vais faire une entorse à la règle habituelle, en donnant quelques infos dans ce post afin de compléter ou préciser ce que j'ai pas dit dans le post d'hier.

Tolbiac & Bastille
Je tenais à préciser qu'à l'AG d'hier, en aucun cas les anti-bloqueurs ont été exclus, serait-ce par décision de la tribune ou par la force, mais qu'ils sont partis d'eux-mêmes, sous le coup de menaces, certes, mais qu'ils avaient eux-mêmes provoqués, en proposant des motions tout à fait décalées par rapport aux buts affichés de l'AG, ce qui eut le don d'énerver considérablement certains étudiants bloqueurs.
Mais pour être tout à fait clair, aucune exclusion "formelle" : les anti-bloqueurs n'ont pas "assumé" leurs provocations et ont préféré partir avant d'en voir les conséquences. (en soi, c'est une analayse neutre, même si encore une fois je précise qu'il commençait à y avoir un sérieux risque d'atteinte à leur intégrité physique..).

Hier soir, le point de rendez-vous était Bastille, à 19h30, pour que nombre de mobilisés anti-CPE écoute ensemble l'allocution de Jacques Chirac à la télévision. Entre 4000 et 5000 personnes y étaient présentes, et le mot promulgation de la loi fut hué lorsque Mr. Chirac le prononça. Le cortège partit ensuite en manif sauvage, une manif qui dura une bonne partie de la nuit, et dont vous pourrez retrouver un bon résumé ici.

L'intervention de Mr. Chirac
D'avance, je préviens, cette analyse sera partisane, même si encore une fois je suis convaincu (c'est triste n'est-ce pas ?) qu'elle reflète assez bien la réalité.
Mr Chirac s'est donc exprimé hier soir à la télévision française. L'essentiel de son discours se résume à la promulgation de la loi, qu'il compte assortir d'une nouvelle loi, afin de modifier la première. La nouvelle loi va modifier les "deux points qui ont fait le plus débat", à savoir la période d'essai, qui sera désormais ramenée à un an, et le motif du licenciement, qui devra désormais être signifié.
Mr Chirac a par ailleurs demandé "au gouvernement de veiller à ce qu'aucun contrat ne soit signé sans qu'il intègre ces modifications".

Que cela veut-il dire ? En réalité, le président de la République promulgue donc la loi mais demande une nouvelle loi qui viendra modifier la première, il y a donc une première étrangeté, à savoir qu'au lieu d'utiliser ses prérogatives et notamment l'article 10 qui lui donne le droit de demander une nouvelle délibération devant les chambres parlementaires du texte en question, ce qui aurait été bien plus simple, il décide de promulguer une loi et d'en annuler une partie par une nouvelle loi. Cette méthode, plus compliquée et bien sûr plus longue, est selon lui employée afin de permettre "le dialogue avec les partenaires sociaux". Si ce voeu est tout à fait louable, il apparaît étrange encore une fois que le président de la République entérine ce projet alors que les partenaires sociaux en question avaient unanimement demandé un retrait du CPE, en préalable à toute discussion.
Je modifie de suite l'article, je remercie le commentaire de "ça va marcher" qui m'a fait penser à ce que je voulais dire en intégralité : un autre problème se pose. Mr. Chirac a dit ceci "En cas de rupture du contrat, le droit du jeune salarié à en connaître les raisons sera inscrit dans la nouvelle loi.". Il faut bien faire la distinction entre la justification du licenciement et le motif. Si le motif est formellement écrit, la justification est orale et donc laisse les gens dans la situation actuelle : le recours aux prud'hommes est possible, mais il faudra que l'employé prouve lui-même que son employeur l'a licencié pour des motifs non valables. Avec un motif inscrit, le recours aux prud'hommes sera évidemment facilité. On voit donc ici que ce que Mr. Chirac a proposé n'est pas clair et tend plutôt à tenter d'apaiser les foules en les trompant plutôt que d'apaiser leurs inquiétudes véritables.
Il s'agit donc de remarquer que la méthode employée par Mr. Chirac a un but affiché évident : sauver la tête du Premier Ministre, Dominique de Villepin. En effet, au lieu de désavouer celui-ci en retirant ou en suspendant la loi, Mr. Chirac a préféré la maintenir, au pris d'aménagements bien complexes. Il est par ailleurs amusant de voir que dans son discours de réaction, Mr. Sarkozy, "a salué la décision de sagesse du président de la République, conforme à ce que l'immense majorité des parlementaires de l'UMP souhaitait" (cf le site de l'UMP). Cette décision est donc conforme à la volonté des parlementaires de l'UMP.. Mais pour le reste ?!
Les syndicats ont tous dénoncé le discours incompréhensible de Mr. Chirac, qui cherchait juste à étouffer la contestation par une méthode encore jamais utilisée (promulguer une loi mais demander immédiatement à ce qu'elle ne soit pas appliquée). Mme Parisot (présidente du MEDEF) a par ailleurs demandé à ce que les patrons d'entreprise n'utilisent pas le CPE.. Ce qui est assez amusant, dans la mesure ou ils ne comptaient en majorité pas le faire déjà avant son éventuelle modification.
Le verbatim est disponible ici.

Ainsi, je parle en mon nom même si je pense que mon avis rejoindra dans les grandes lignes celui de ceux qui se battent depuis déjà plus d'un mois contre le CPE, par toutes les formes que ce soit, ainsi, la lutte ne s'arrêtera sûrement pas là. Il faut désormais l'avouer, le CPE est devenu en partie (seulement) un prétexte.
Il s'agit de prouver au gouvernement qu'il ne peut gouverner sans ses administrés. Ses décisions doivent recueillir l'assentiment du peuple dans sa majorité pour la simple & bonne raison que c'est de lui que provient son pouvoir. En ne respectant pas la loi (j'avoue honteusement ne pas me souvenir de la date de celle-ci) qui l'oblige à négocier avec les partenaires sociaux avant toute réforme du code du travail, le gouvernement a évidemment pris des risques, qui se sont avérés par la suite coûteux.
Loin d'être désespérément utopiques, je pense que beaucoup d'entre nous veulent juste rétablir un dialogue intelligent avec le pouvoir politique, dialogue préalable et non après coup comme voudrait le faire le gouvernement.
Nous sommes tous fatigués de lutter , mais il est important de se poser les bonnes questions et d'y apporter les bonnes réponses : est-ce qu'on peut laisser un seul homme passer toutes les réformes qu'il désire, surtout quand ces réformes sont presque unanimement reconnues comme mauvaises ? Evidemment que non.
Mr. de Villepin s'est posé selon moi les bonnes questions, mais y a trouvé de bien mauvaises réponses. Il est essentiel de lui faire comprendre que pour trouver les bonnes réponses, il lui faut écouter autre chose que son propre avis...

Fil info Tolbiac : Vendredi 31 Mars

Bonsoir à tous.
Tout d'abord, milles excuses pour l'heure extrêmement tardive du compte-rendu (01h15) mais des obligations personnelles m'ont empêché de le rédiger avant.
Pas mal d'infos intéressantes il me semble, et encore, il m'en manque beaucoup.

Tolbiac
Aujourd'hui, premier petit évènement dès le petit matin : réouverture de Tolbiac, après 2 jours de fermeture administrative. La réouverture des grilles, la réouverture de l'amphi H, beaucoup de nouvelles qui ont pu ravir les étudiants bloqueurs.
A 10h30 était prévue l'AG des étudiants de Tolbiac. Encore une fois, ceci dit, vu la supposée épidémie de flémite aigue des étudiants, l'AG dut commencer avec du retard vu le faible taux initial de remplissage de l'amphi N.
L'AG débuta donc vers 11h00. L'ordre du jour était particulièrement fourni, avec notamment un point de bilan sur les mouvements & actions, un point de bilan sur la répression, les sans-papiers & les intermittens, un point de bilan sur la mobilisation internationale (un intervenant de Hongrie a fait un discours qui a reçu une standing ovation), puis des points sur les perspectives à donner au mouvement et enfin la question des mandats et de leurs contenus, ainsi que de leurs porteurs, pour la coordination nationale étudiante de Lille.
Les débats durèrent environ 4h/4h30, prolongés de fait par la présence des étudiants anti-bloqueurs en grande forme, présentant tout un tas de motions du type "élections de mister Tolbiac", "atelier pate à sel", "dissolution de l'armée et des CRS", etc.. Ceux-ci ont d'ailleurs du partir assez précipitamment vu le tollé que leurs interventions ont provoqué, et les risques physiques qu'ils semblaient encourer. Malgré de nombreux rappels à l'ordre de la tribune, le climat s'envenimait énormément, et la sécurité eut à intervenir plusieurs fois. Finalement, la tribune décida de la non-recevabilité des motions, par un accord de principe entre les 4 membres notamment et à cause aussi de l'absence des personnes présentant les motions.
L'AG put se terminer dans un climat quelque peu apaisé même si la fatigue se faisait sentir.
On vota de nombreuses motions, avec en vrac (je ne me souviens plus, j'en suis désolé, de la 40aine de motions proposées) l'organisation d'un cycle de débats la semaine prochaine, le principe d'actions avec les lycéens & les intermittents, le soutien aux handicapés physiques, le rejet de la loi CEZEDA (concernant les sans-papiers) et de la loi sur l'immigration de Mr. Sarkozy, le principe d'une augmentation de la fréquence et de la radicalité des actions pour les semaines à venir, la poursuite de la mobilisation pendant les vacances, le soutien aux STAPS, etc, etc.. J'essaierai de retrouver l'ensemble des motions votées, mais désolé pr l'instant ma mémoire faillit.
Concernant la coordination nationale, 5 personnes furent élues par l'AG, à savoir Dimitri, Salama, Chloé, Come & Oussam. Leur mandat sera impératif, et ils seront portés à s'exprimer sur bien plus de revendications que la dernière fois. Il leur a été demandé de soumettre au vote à la coordination nationale le principe de la représentation majoritaire des non-syndiqués dans les porte-parole de celle-ci (on peut signaler que chez nous cette semaine nous avons 4 délégués non-syndiqués). Ils devront notamment soumettre à la coordination nationale les motions votées en AG mais aussi des motions particulières.

Voilà, désolé d'en dire pas plus, mais je suis extrêmement fatigué..
J'essaierai de faire travailler ma mémoire demain, en complétant cet article, et en en faisant un autre conernant l'allocution du Président de la République.

Bonne nuit à tous, merci de votre fidélité.

Ps : AG Lundi 11h30 à St Hippolyte.
Prochaine AG à Tolbiac, Mardi à 10h, avec les personnes de la Sorbonne.

30 mars 2006

Fil info Tolbiac : Jeudi 30 Mars

Deuxième édition - 00h15 (Rajout, St Hip)

Bonsoir à tous !
Encore une journée de mobilisation riche en évènements..

Tolbiac
Ce matin, au petit jour, les occupants de la nuit étaient extrêmement fatigués. A 8h30, à mon arrivée, une quarantaine de personnes restait dans l'amphi, ainsi que quelques personnes dans les couloirs. Une réunion du comité d'occupation se tenait pour décider des suites à tenir du mouvement, en compagnie de professeurs & personnels IATOS.
Pendant une heure, les étudiants occupant PMF ont cherché à expliquer la démarche entreprises aux enseignants & IATOS, tout en envisageant les méthodes à employer pour arriver au but affiché, à savoir la réouverture du centre PMF.
Il a été décidé finalement qu'une délégation, composée de 4 étudiants & 3 enseignants / IATOS, soit envoyée à Mr Pierre Yves Hénin, afin de trouver une solution, sur la base des revendications communes.

Cette délégation a eu des résultats mitigés : Mr Hénin n'a donné aucune garantie écrite sur la réouverture du centre, et n'a accepté aucune revendication. Ceci dit, il semblait enclin à réouvrir le centre si l'on quittait celui ci ce soir. La délégation revint à Tolbiac & donna les résultats, ce qui ouvra un nouveau débat : faut-il ou pas accepter le compromis avec l'administration ? A certains étudiants, favorables à un maintien du rapport de force avec l'administration, et peu enclins à croire aux faibles garanties de Mr Hénin, répondaient d'autres étudiants, pensant qu'il fallait donner satisfaction à la revendication de Mr Hénin afin de permettre la réouverture de la faculté & la reprise du mouvement.
On apprit ensuite que Mr Hénin était en train de rédiger un communiqué, mis à disposition sur le site de Paris I, indiquant qu'il était prêt à la réouverture du centre si celui ci était évacué ce soir. La garantie écrite étant à disposition, les étudiants décidèrent de lever l'occupation à une assez large majorité, occupation qui sera levée dans la soirée.

Conclusion : Demain, théoriquement, Tolbiac ouvre à 08h, et l'AG de 10h30 est maintenue... en compagnie des enseignants & IATOS ! :) On peut donc tirer une rapide conclusion : les discussions du matin, qui font suite au problème de l'occupation nocturne, ont permis un rapprochement net avec les enseignants & IATOS et la tenue désormais d'AG mixtes.

Enfin, petite séquence "émotion" dans la fin de l'après midi, lorsque des sans papiers, occupant un local proche de Tolbiac, sont venus nous exprimer leur soutien, & leur demande de notre aide la plus massive dans leur mouvement...

St Hippolyte
Quelques mots rapides pour dire que l'AG du jour fut très houleuse et assez insupportable, dans la mesure ou les 2/3 du temps, aucun micro correct n'était disponible : on n'entendait donc pas les intervenants, et les propositions de la tribune.
Cette AG a néanmoins voté plusieurs motions, notamment le principe de l'élargissement de la plate forme de revendications de Toulouse adoptée précédemment, la limitation à 2 procurations par personne pour la prochaine AG (aujourd'hui, lors des votes, parfois 40 procurations pour une seule personne !), tandis qu'étaient rejetés des motions demandant l'amnistie de beaucoup de cas (émeutiers de novembre, étudiants dans le mouvement acutel, etc..) ou encore le vote du blocage à mains levées. Le blocage partiel ne sera lui pas voté.
Les résultats concernant le blocage total seront disponibles dans la soirée. Il semblerait néanmoins, et l'info est à confirmer, que le blocage ne soit pas reconduit. Je n'ai pas encore la date de la prochaine AG. Vous pourrez vous tenir au courant sur le site de P1 ou sur le blog infos de St Hippolyte.
Voici le communiqué que l'on pouvait trouver sur le site de P1, ce soir :
Communiqué : AG et scrutin au centre Port Royal - René Cassin (30 mars 2006 - 22h45)
L’assemblée générale des étudiants du centre Port Royal - René Cassin qui s’est réunie le jeudi 30 mars a d’abord refusé de se prononcer par un vote à main levée sur la question du blocage. Un vote à scrutin secret a donc été organisé.
Pendant le dépouillement, un groupe de personnes extérieures au centre, en provenance du centre Pierre Mendès-France selon des témoignages convergents, a alors forcé la porte de la salle où avait lieu le dépouillement, s’est emparé d’une partie des enveloppes et s’est enfui.
Le nombre de bulletins restants étant très inférieur aux émargements constatés, le bureau de vote a dû déclarer la nullité du scrutin.

Voilà. Je n'ai aucune information sur la provenance des voleurs d'urnes, mais le fait est là : le scrutin étant déclaré nul, c'est le vote de la dernière AG qui primera, à savoir blocage total jusqu'à la prochaine AG, qui aura lieu lundi, 11h30.

Action de la journée
L'action de la journée fut une des meilleures des dernières semaines, et pour cause : action inter-fac, bien organisée, bien menée ! Le premier rdv était ajd à 13h30 à Jussieu, puis à 14h30 place du Chatelet, afin de rejoindre toutes les facs. Ensuite, le cortège s'est orienté vers la Gare de Lyon, par les quais, puis après avoir feinté un peu avec les CRS, et enfoncé une petite ligne, il a pu pénétrer dans la gare & sur les voies. Environ 1500 personnes étaient présentes. Celles-ci sont restées environ 2 heures, avant de se faire évacuer dans un calme relatif par les CRS. Quelques blessés seraient à déplorer, et encore quelques interpellés.
Un bon compte rendu, par Nicolas Gosset

Les procès du jour
Aujourd'hui, Ferdinand, étudiant en 1ère année d'histoire à Paris I Tolbiac, passait en comparution immédiate suite à son arrestation mardi 28 dans le cadre des manifestations ANTI-CPE. Le procureur a requis contre lui 2 mois fermes pour cause de "violences contre dépositaire de l'autorité publique". Le verdict est le suivant : Ferdinand est condamné à 3 mois avec sursis et 70 heures de TIG.
Il semblerait d'après les infos concordantes que j'ai eu qu'il s'agirait d'une nouvelle arrestation & condamnation arbitraires. Si la personne concernée pouvait s'exprimer en m'envoyant un mail, ce serait intéressant..

Voilà pour aujourd'hui.
Je récapitule donc pour demain : Tolbiac ouvert, mais bloqué. AG à 10h30.
17 rue de Tolbiac : fermé
St Hippolyte ouvert, mais bloqué

Bonne soirée à tous, merci de votre fidélité tjs plus grande (dépassé le cap des 2500 visites quotidiennes !)

29 mars 2006

Fil info Tolbiac : Mercredi 29 Mars

Deuxième édition - 22h45 (rajout occupation Tolbiac)
Troisième édition - 01h30 (rajout occupation Tolbiac)

Bonsoir à tous.
Après les bonnes nouvelles (et la bonne humeur d'hier soir), le post d'aujourd'hui sera beaucoup, beaucoup, beaucoup moins gai même si je vais faire des efforts pour pallier cette relative "tristesse". J'en profite pour remercier encore une fois vos visites, toujours nombreuses, vos commentaires, toujours nombreux, qui m'incitent évidemment à continuer encore & tjs ce blog :)

Tolbiac
Une bien triste journée s'est donc déroulée aujourd'hui à Tolbiac, et pour cause : voici la situation selon l'administration de l'université. Pour vous ré-expliquer synthétiquement les faits, l'AG de Tolbiac a hier adopté le principe d'une occcupation de nuit, dont la date serait décidée en comité de mobilisation, théoriquement ce matin. Seulement, en réponse à ceci, et de manière "préventive", Mr Pierre-Yves Hénin, président de l'université Paris I, a décidé de faire fermer le centre PMF pour éviter "l’accès à des éléments dont les objectifs et les méthodes débordent largement le cadre du mouvement national de mobilisation en cours".
Voici la situation vécue par les étudiants bloqueurs de Tolbiac, suite à des témoignages recueillis au long de la journée.
Ce matin, à 07h45, les étudiants bloqueurs se sont donc présentés comme à l'accoutumée devant les grilles de Tolbiac. Au fil des minutes, l'affluence grandissait, seulement, les grilles ne s'ouvraient pas. L'on y comprit alors, vu qu'aucune lumière à l'intèrieur n'était perceptible, que le centre PMF avait été fermé administrativement. Les premiers débats se firent alors, et le motif qui revenait sur toutes les lèvres était bien évidemment la décision d'occupation nocturne qui devait se faire prochainement. Mais, très vite, le débat se fit plus profond, et pour cause : St Hippolyte était aussi fermé administrativement. Beaucoup d'étudiants ont alors très vite pensé que l'administration cherchait simplement à porter entrave au mouvement, comme il avait été imaginé à d'autres occasions, notamment lorsque celle-ci refusait de nous ouvrir des amphis ou de nous donner accès libre à la reprographie (dans d'autres centres universitaires, bloqués depuis beaucoup moins de temps que PMF, le libre accès à la reprographie a été accepté immédiatement). Pendant plusieurs heures, pas grand chose ne fut fait, puis l'on décida d'envoyer une délégation au Panthéon, à la rencontre de Mr Hénin. Les 6 personnes furent reçus, et interrogèrent Mr Hénin sur les raisons de la fermeture de PMF, demandant par ailleurs une réouverture immédiate du centre. Mr Hénin répondit alors que la fermeture faisait suite aux risques d'occupations, selon lui une "mesure préventive". Les délégués lui demandèrent alors pourquoi St Hippolyte était par ailleurs fermé (voir Par ailleurs), ce à quoi il ne répondit pas. Les délégués lui demandèrent alors une réouverture de PMF sans conditions sous risque d'entrée par des moyens "alternatifs". Mr Hénin leur demanda alors si c'était un ultimatum, ce à quoi les délégués répondirent oui et s'en allèrent.
Les étudiants présents à Tolbiac se réunirent donc en haut de la fosse, puis formèrent un comité de mobilisation où il fut décidé d'entrer dans le centre, en usant les moyens les moins agressifs possible. Les étudiants rentrèrent finalement par une porte dont la serrure, déjà abîmée (à ce que j'ai pu voir), fut légèrement forcée. Selon un étudiant bloqueur, "la serrure, par ailleurs usée par le temps, a cédé sous la pression populaire" (petit trait d'humour). L'amphi N fut ensuite investi & le rideau de la porte de secours levé, afin de permettre une évacuation (une mesure de sécurité). Seulement, des policiers derrière qui venaient voir les évènements se déroulant, pris de panique à l'idée de voir des étudiants en face d'eux, lancèrent des grenades de "gaz moutarde".
L'occupation de nuit a été décidé, bien qu'il a été vivement précisé que cette occupaiton devait être réalisée uniquement par des étudiants de Tolbiac, et non par des éléments extèrieurs. Un service d'ordre a par ailleurs été mis en place pour veiller au respect de cette consigne, ainsi que des mesures de sécurité habituelle, et éviter de quelconques dégradations.
Sans me faire l'avocat des bloqueurs, il s'agit là d'exprimer leur position (que je vais essayer de résumer), afin que vous compreniez les raisons de cette occupation. D'ores et déjà, il faut préciser à nouveau que l'entrée dans le centre PMF s'est faite avec le minimum de dégradations possible, et avec un accord tacite avec la sécurité : tant que la sécurité des personnes présentes à l'intèrieur du site n'est pas mise en jeu, les étudiants peuvent investir le centre. La sécurité du centre continue par ailleurs à veiller sur le bon déroulement de l'occupation.
L'occupation qui se déroule ce soir se fait en opposition avec le principe d'occupation qui avait été décidé hier en AG. En effet, c'est une mesure de protestation contre la fermeture du centre PMF par Mr Hénin. Cette fermeture en effet est une entrave au mouvement qui se déroule au sein du centre, et pénalise de plus TOUT le monde : personnels, étudiants bloqueurs ou non, etc.. J'essaierai d'étayer ceci afin de vous donner une position plus clairement définie.
Je précise par ailleurs qu'étant en contact permanent avec les personnes présentes là-bas, je vous ferai un point assez régulier sur les évènements s'y produisant.

Voici le point à 22h45.
Messieurs Hénin & Germain sont venus à la fac pour se rendre compte de l'état du mouvement. Accueillis plutot froidement, ils ont néanmoins pu discuter avec quelques étudiants, qui leur ont proposé de ne pas occuper la fac pour la soirée, en échange d'une réouverture de la fac dès le lendemain. Pendant ce temps, le comité d'occupation a apparemment voté plusieurs décisions, notamment l'occupation jusqu'à réouverture effective de la fac. D'après les infos que j'ai, absolument AUCUNE dégradation n'a été commise. Par ailleurs, à l'intèrieur de PMF l'ambiance est bon enfant, surtout qu'aucun toto ne serait sur place. 150 à 200 personnes occupent le lieu pacifiquement, des personnes presque exclusivement de Tolbiac.

Voici le point à 00h30.
J'étais à Tolbiac entre 11h30 et minuit, et l'occupation se déroulait très bien. L'impression qui régnait est que c'était une sorte de joyeux bordel, mais bordel dans le bon sens : tout le monde en pleine discussion, pas de problème particulier, beaucoup de bruit & d'animation mais aucun problème. Je n'ai personnellement repéré aucune dégradation, et on pouvait voir Mr Hervier & Mme Germain en dehors de l'amphi veiller sur leur centre universitaire. Voilà. Les prochaines infos seront pour demain matin.
J'en profite pour préciser que demain il n'y a pas de report d'AG quelconque à Censier.

Par ailleurs...
Deux évènements à noter pour la journée d'aujourd'hui :
- Tout d'abord, St Hip a été fermé administrativement, et bien que sa réouverture est théoriquement prévue pour demain, cela a entravé une fois encore au déroulement normal de la mobilisation des étudiants de Paris I.
- Ensuite, la Compagnie Jolie Môme est venue ce midi devant les grilles de Tolbiac afin de nous régaler de certaines de ses compositions musicales, avec notamment une "Internationale" sur la musique de "La Marseillaise", et le célèbre "Mouton Noir". Un excellent moment, et un groupe tout à fait agréable & vivant, que je vous invite à découvrir par le biais du site web mis en lien.

La Presse
Parce qu'il est essentiel pour tous de s'informer sur l'actualité "gouvernementale" concernant le CPE, voici une petite revue de presse :
- Gilles de Robien appelle à la réouverture des lycées Jeudi
- Scènes de crise à Matignon (très intéressant)
- Le rôle décisif du Conseil Constitutionnel
- Les scénarios de l'après 28 mars (très intéressant aussi)
- Robien débloque
- Sarkozy fait des émules au sein du groupe UMP
- Les syndicats plus déterminés que jamais

Le + du jour
Voici un "Guide du manifestant arrêté" que l'on peut trouver sur le site du Syndicat national de la Magistrature, afin de connaître vos droits si vous êtes arrêté dans le cadre d'une manifestation. Guide ICI

Concernant demain
Aucune information n'est disponible concernant Tolbiac. A priori, j'imagine que Tolbiac sera fermée administrativement mais occupée par les étudiants. Je vous invite donc à venir voir ce qui s'y passe. Le 17 rue de Tolbiac sera fermé, quant à St Hippolyte, ce sera ouvert pour la tenue d'une AG.

Merci à tous, à très vite.

28 mars 2006

Fil info Tolbiac : Mardi 28 Mars

Bonsoir !

Un post qui sera empreint je l'espère de la bonne humeur régnante : une journée de mobilisation exceptionnelle et un sacré coup de fouet donné à notre mouvement qui ne faiblit pas, loin, loin, très loin de là !

Tolbiac
Aujourd'hui était jour d'AG à Tolbiac, l'occasion pour les présents de faire un point sur la mobilisation et sur les rapports de force entre bloqueurs & anti-bloqueurs. Dans une AG à environ 500 / 600, clairement acquise aux bloqueurs, et plus courte qu'à l'accoutumée, des motions & propositions de perspectives furent votées.
Tout d'abord, plusieurs compte-rendus furent donnés, notamment sur le CA (le site de Paris I vous renseignera mieux que moi), mais aussi et surtout sur le SO (Comprenez service d'ordre) qui a activement travaillé entre hier & ajd notamment afin de mettre en place un dispositif interfac conséquent et efficace pour éviter les violences des précédentes journées de mobilisation, et particulièrement celle de jeudi dernier. Ainsi, le schéma d'organisation était le suivant : le cortège de la coordination nationale comprenait 3 pôles de faculté entre lesquels étaient insérés les lycéens. Ainsi, les facs "encadraient" les lycées et pouvaient atténuer les risques de problèmes pour les lycéens. Autour de ces cortèges étaient disposés des SO mobiles qui devaient permettre de s'occuper d'éventuelles intrusions dans la manifestation, et en plus d'eux, aux quatre coins des cortèges, des personnes informant sur les éventuels mouvements de casseurs.
Après ces points d'info, le point perspective donna lieu à une petite quinzaine d'interventions, après lesquelles furent votées plusieurs motions, faisant notamment appel à une non-multiplication des journées de manifestation, mais aussi et c'est le plus important (je me souviens difficilement du reste) à l'adoption du principe d'occupation & de réappropriation de la fac. Ainsi, si c'est décidé par le comité de mobilisation, les étudiants pourront le soir-même occuper les locaux de la faculté. Le débat fut assez contesté, on proposa plusieurs modalités, notamment un vote pour savoir qui était légitime pour décider de l'occupation, plusieurs propositions (quorum de 500, AG, personne seule, comité de mobilisation) étant déposées. Il semblerait que dès demain soir, Tolbiac soit occupé.

La manif
Tolbiac, ayant fini son AG vers 12h45, eut tout le temps de s'organiser correctement et comme prévu afin de pouvoir aller manifester place d'Italie. Le rdv était donc métro Campo Formio, et Tolbiac, au sein du cortège Paris I, formait le pole de fin du cortège de la coordination nationale étudiante, aux côtés de Boulogne et de Paris IV. Autour du cortège, des chaînes humaines furent aussitôt organisées, tandis que les SO mobiles sur les côtés se mettaient en place.
Peu de problèmes à signaler au début, seulement des casseurs qui ont brisé les vitres d'un café et ont tenté de piller un supermarché.
Le dispositif de SO, précisé plus haut, a été très efficace, notamment jusqu'en bas du boulevard de l'hopital (une heure et demie pour l'atteindre), mais a ensuite connu quelques limites, notamment parce que les casseurs s'activaient et que de toute évidence, quoiqu'on fasse, on ne peut que limiter leurs actes.. Un très bon point donc, car une meilleure organisation ne peut que nous être favorable.

Pour des chiffres plus "nationaux", la mobilisation est un succès total. Il faut voir que selon la police, les cortèges ont réuni 1 055 000 personnes (alors que pour Samedi 18 mars, on avait atteint seulement 500 000 personnes, on passe donc du simple au double). Pour les organisateurs, on est passé de 1 500 000 (pour le 18 mars) à 2 700 000, avec des cortèges dans 175 villes ! Succès exceptionnel, qui montre qu'au delà de la question du CPE, c'est toute une méthode gouvernementale qui est rejetée : l'immobilisme, dont le gouvernement nous accuse, est pratiqué à tort par celui-ci...
A Paris, la police a recensé 92 000 manifestants, tandis que les organisateurs en ont dénombré 700 000. Vous pourrez obtenir de nombreuses infos sur les chiffres ICI

Perspectives...
Demain, j'invite personnellement toutes les personnes, qu'elles soient favorables ou opposées au blocage, à venir à Tolbiac. En effet, le programme de la journée est particulièrement riche et passionant, et devrait particulièrement bien animer notre cher centre.
Je c/c d'après Indymedia :

Mercredi - Thème de la journée : la destruction de la culture

10h - débat sur le thème du travail, animé par des professeurs
10h45 - representation théatrale de 4.48 Psychose de Sarah Kane,
12h - Concert du groupe Jolie Môme
13h Débat réunissant Edmond JANSSEN, éditeur ; Antoine LUBRINA, ancien instituteur à Fleury-Mérogis, président du Rassemblement des Auditeurs Contre la Casse de France Culture (RACCFC) ; Sophie LEFEVRE, enseignante, membre des associations Sauver les Lettres et Reconstruire l'école (présence à confirmer) ; Jean MENNECIER, muséologue (présence à confirmer) ; Aymeric MONVILLE, auteur et traducteur ; tous co-auteurs de La destruction de la culture, stratégie du décervelage en France(1995-2006), Delga, Paris, 2005 ; Jack RALITE, sénateur d'Ile-de-France (présence à confirmer)
15h30 - concert organisé par la commission animation Tolbiac.

Voilà, donc pour demain.
Encore une fois, merci pour vos visites (+ de 2000 / jour désormais !!), vos commentaires, et surtout votre fidélité. Continuez à vous mobiliser, par toutes les formes que vous voulez, plus massifs on sera, plus vite on aura fini !
Bonne soirée.

ps : photos @ liberation.fr & lemonde.fr

27 mars 2006

Fil info Tolbiac : Lundi 27 Mars

Deuxième édition - 19h15 (rajout RATP)
Troisième édition - 02h00

Je rajoute ce petit intermède pour vous appeler au plus grand calme dans vos commentaires. Lancer mille rumeurs inutiles concernant les résultats du CA ne servent à rien, il n'y a encore RIEN d'officiel, donc, il faut attendre, courageusement.
Merci.

Bonjour à tous.
Aujourd'hui, un article relativement court, étant donné que peu de choses vraiment essentielles se sont passées sur Tolbiac, l'essentiel du jour venait du CA... mais le compte rendu n'est pas encore dispo.

Après un sms qui a tourné hier soir appelant à aller bloquer St Hip ce matin car l'administration ne reconnaissait pas le vote, nous étions une petite cinquantaine ce matin pour bloquer le site, blocage qui s'est déroulé sans trop de problème apparent (cf leur blog pour plus d'info).
Dans la journée une conférence s'est d'ailleurs déroulée là bas concernant les "alternatives au CPE", donnée par un prof d'éco de Paris I.

Concernant Tolbiac, pas mal de monde était présent aujourd'hui, et pour cause : AG de Paris V dans un amphi, conférence organisée par les étudiants de la Sorbonne dans un autre (conférence portant sur la précarité), AG des personnels enseignants & IATOS dans un amphi, et en plus, évidemment, les étudiants bloqueurs qui eurent à faire des débats assez houleux en comité de mobilisation, concernant notamment l'organisation du SO, un point qui cause beaucoup de divergences, certains étant favorables à un SO actif et d'autres à un SO défensif. Plusieurs propositions furent adoptées, notamment le principe d'un SO mobile, mais aussi d'autres choses concernant les prochaines journées : un programme de conférences & débats pour la semaine, une proposition à St Hip de nous rejoindre demain à 13h dans la fosse pour partir en manif, mais aussi une sorte d'ultimatum posé à l'administration : que celle-ci cesse l'entrave au mouvement (sous diverses formes : amphis fermés notamment, mais encore d'autres choses), ou alors une occupation de nuit aura lieu mercredi soir.

Voilà. Dans l'après midi, une petite alerte eut lieu : une rumeur courait à Tolbiac comme quoi le 17 rue de Tolbiac aurait été repris par des anti-grévistes d'Eco-Gé. Quelques personnes y partirent, pour y constater que faute d'anti-grévistes Eco-Gé, il semble que les personnes qui aient investi le CROUS soient des totos sortis de l'EHESS, qui voulaient, d'après leur dires, organiser une AG ce soir à 19h mais ne pas occuper cette nuit. Voilà, j'attends de voir ce qu'il s'y passera vraiment mais je ne me fais peu de doute..


C'en est donc tout pour la journée, en attendant des nouvelles du CA, peut-être bientot disponibles dans les commentaires.
Je rappelle que demain :
PMF : Ouvert, mais bloqué. Aucun cours assuré.
St Hippolyte : Ouvert, mais bloqué. Aucun cours assuré.
17 rue de Tolbiac : théoriquement ouvert, mais bloqué. Aucun cours assuré (en attendant ce que font les totos...).

Voici les infos communiquées par la RATP pour demain (vous noterez le paragraphe de fin, très amusant).
Prévisions RATP pour le mardi 28 mars 2006 :
A la suite des préavis des Syndicats CFDT, CGT, FO, SUD et UNSA pour la journée du 28 mars, la RATP prévoit un trafic :
Métro : 1 rame sur 2
RER :
Les interconnexions RATP/SNCF seront suspendues sur les lignes A et B du RER.
- RER A branches RATP (St Germain en Laye <-> Boissy St Léger / Marne la Vallée Chessy) : 2 trains sur 5 en circulation
- RER B branches RATP (Paris-Nord <-> Robinson / St Rémy lès Chevreuse) : 2 trains sur 5 en circulation
Bus : 2 sur 3
Tramway : 2 sur 3
La direction de l’entreprise précise que la RATP n’entre pas dans le champ d’application de la loi qui met en place les CPE et qu’elle poursuit par ailleurs une politique dynamique de recrutement, de qualification et d’insertion de 2000 jeunes par an.
Elle invite les voyageurs à consulter les services d'information suivants:
Numéro vert : 0800 15 11 11 (gratuit à partir d’un poste fixe)
Pour contacter un téléconseiller : 08 92 68 77 14 (0,34€/mn)


La manif aura lieu entre Place d'Italie & Répu, départ à 14h30 de Place d'Italie, rdv dans la fosse de Tolbiac à 13h pour un départ unitaire Tolbiac - St Hip - Javelot - Monet.

Bonne soirée à tous.

25 mars 2006

Débats du week end : Samedi 25 Mars

Bonsoir à tous.
L'ennui étant de mise en ce samedi soir, je me suis dit que j'allais faire un truc malin : écrire !
Dans cet article, auquel je pense depuis déjà quelques jours, je vais tenter de faire le point sur deux questions qui me paraissent essentielles, à savoir la reprise des cours et la question de la violence lors des manifestations.

La reprise des cours
C'est la question qui devient centrale, alors que le mouvement n'est pas encore terminé : dans quelles conditions se fera la reprise des enseignements, notamment au centre Tolbiac, durement touché par la grève & le blocage (A ce jour, 1 mois & 2 jours sans enseignements) ?
Tout d'abord, il faut préciser quelques informations. Mr de Robien peut se permettre toutes les prévisions et déclarations qu'il veut, il n'a absolument AUCUN droit de décision sur le calendrier de la reprise des cours et sur les modalités des examens. Tout cela se décide en conseil d'administration.
Maintenant, les mesures possibles. Il faut en premier lieu prendre en considération un fait qui peut paraître anodin mais qui a une importance immense : les finances de l'université. Tout le monde le sait, l'Etat alloue à l'étudiant de faculté en France moins d'argent qu'à un Lycéen (25% en moins il me semble) et moitié moins qu'à un élève de prépa. La question de l'argent est donc brûlante dès qu'il s'agit de régler le problème de la reprise des cours.
D'ores et déjà, une première mesure est écartée, celle d'annuler les vacances de Pâques : celles-ci seront maintenues. Ensuite, pour ce qui est de l'allongement du calendrier universitaire d'une ou deux semaines, cela est tout à fait envisageable, mais au-delà de ce délai j'ai du mal à croire que l'université ait les moyens de financer cela, sachant qu'il y'a beaucoup de frais à prendre en compte. Il est possible alors que les cours qui ont sauté pour cause de blocage soient mis à disposition par Internet, mais de toute évidence il apparaît impossible de rattraper l'ensemble du retard accumulé. Notre second semestre me semble tronqué.
Des rumeurs indiquent par ailleurs que la session d'examen pourrait être décalée en septembre. Se poserait alors le problème de la date de la session de rattrapage ? Il faut prendre avec des pincettes toutes les rumeurs qui circulent, et essayer de faire la part des choses en voyant la réalité actuelle.. Au final, vous le voyez sûrement, tout autant que vous, je ne suis guère avancé. Précisons toutefois que l'assemblée des profs & personnels IATOS a créé une commission de réflexion sur ce problème.

La violence dans les manifestations
C'est le second point brûlant qui était sur beaucoup de lèvres cette semaine : comment réagir & faire face à l'afflux de casseurs lors des manifestations étudiantes & lycéennes ?
Il est évident que ces casseurs posent de nombreux problèmes : risque de discrédit du mouvement, risque de démobiliser la plupart des manifestants, problèmes de sécurité, risque d'interpellations arbitraires..
Plusieurs remèdes ont été envisagés, du renforcement des chaines humaines à la création d'un SO "actif" qui protégerait les manifestants en tournant autour des cortèges et en s'occupant des personnes qui s'y attaquerait. Dans tous les cas, le risque d'une escalade de la violence est grand, mais qu'y peut-on ? Il est important pour le mouvement de manifester et de faire acte de présence, pour pouvoir faire pression sur le gouvernement.
D'aucuns ont d'ailleurs accusé les CRS d'être bien trop attentistes et de laisser les casseurs s'attaquer aux manifestants pour que le mouvement s'essoufle. Je partage quelque peu cet avis, qui me paraît plus modéré que celui que j'ai pu entendre parfois : la police paierait des casseurs pour venir taper les manifestants. Il me semble que c'est une stratégie évidente du gouvernement que de laisser faire la violence pour que le mouvement diminue. Cela permet d'ailleurs à Mr. Sarkozy de faire ensuite des effets d'annonce en indiquant ses dispositifs de sécurité.
Plusieurs questions se posent de toute manière : comment éviter que les casseurs s'en prennent aux manifestants ? Que fait la police, elle qui est sensée nous protéger ?

Le + du week-end
Dans la série "Déconstruisons les mythes", voici un article qui me paraît ESSENTIEL : http://www.diplomatie.gouv.fr/label_france/57/fr/07.html

Je vous laisse sur ces quelques réflexions...
Bon week-end à tous.

24 mars 2006

Fil info Tolbiac : Vendredi 24 Mars

Dernière édition - 01h40 (St Hip & Tolbiac)

Hier, nous "fêtions" le premier mois de blocage. Triste fête en effet, d'une part parce que nous aimerions tous retourner en cours, mais l'entêtement du gouvernement pose bcp de problèmes, d'autre part parce que la manif se déroula de manière particulièrement déplorable.. Mais tout d'abord les infos du matin, qui, vous allez le comprendre très vite, sont pour beaucoup en lien avec les évènements des jours précédents.

Tolbiac
Arrivé à Tolbiac, ce matin peu avant 08h, les bloqueurs n'étaient qu'une dixaine. Et pour cause : Tristan, un étudiant de Tolbiac, (ainsi que Cédric, de Censier), passaient aujourd'hui en procès au TGI de Paris, avec comme chef d'accusation notamment "violences contre personne dépositaire de l'autorité publique". Beaucoup d'étudiants de Tolbiac (et des amis évidemment) étaient là bas pour le soutenir. Après un rapide détour par le 17 rue de Tolbiac, je pus voir que l'ambiance à Tolbiac était vraiment morose. Plusieurs étudiants ont en effet été interpellés hier (vous aurez à la fin de l'article le témoignage de l'un d'entre eux), et n'étaient ce matin toujours pas relachés. Le bilan de la manif d'hier était évidemment mauvais : beaucoup trop d'agressions, de violences, de vols, etc.. Une réflexion se posait alors : comment réagir ? Plusieurs solutions sont désormais envisagées, une seule semble faire une sorte de consensus entre les personnes avec qui j'ai pu discuté, à savoir la création d'une sorte de SO mobile qui tourne autour du cortège PI afin de s'occuper des casseurs qui s'y attaquent... Voilà où nous amènent les violences. Plusieurs questions se posaient aussi : que faisaient les CRS ? Les flics en civils ? Pourquoi n'agissaient-ils pas ? Comment empêcher ces encagoulés de venir nous attaquer, alors qu'en plus on se bat presque plus pour eux que pour nous ?
La matinée se poursuivit sur ces questions, sur beaucoup d'interrogations..
J'appris pour ma part vers 13h que Louis et Corentin ont été relâchés. Quant à Tristan, son procès est reporté au 5 mai, les policiers devant témoigner n'ayant pas pu être présents..

St Hippolyte
Une nouvelle AG se tenait à St Hippolyte. Après une semaine assez riche en tensions, vu les problèmes qu'ont notamment posé la journée de mardi, puisque les bloqueurs & les contre-bloqueurs s'opposaient sur la question de savoir s'il fallait bloquer St Hip ce jour là, il était temps de se réunir pour une nouvelle AG, qui réunit 500 à 600 personnes environ. La tribune était encore une fois paritaire, et l'ordre du jour se fit en trois points : tout d'abord, un point sur les revendications, puis un point sur la mobilisation à St Hip, et enfin un point sur les perspectives (avec à la fin le vote des motions & le vote des mandatés pour la Coordination nationale étudiante d'Aix en Provence du week-end). Les débats se déroulèrent dans un calme relatif, surtout sur les deux premiers points de l'ordre du jour, avec une tribune assez compétente. Le point perspectives fut comme d'habitude plus virulent, car si l'amphi était presque tout entier acquis à la cause de la lutte contre le CPE, le mode d'action était encore une fois en débat. Les interventions, une quinzaine, se succédèrent, les arguments se répondant d'une intervention à l'autre, avec comme d'habitude, démagogie & désinformation... Mais c'est le jeu de l'AG ;)
Lors du passage au vote (et après deux courts films projetés par Télé Sorbonne concernant la mobilisation à St Hip & à Bordeaux), les débats s'agitèrent encore. Le principal problème résidait dans une motion demandant qu'on adopte le principe du blocage partiel au cas où le blocage total ne passerait pas par les urnes. 5 votes furent effectués, après explications & ré-explications, 5 votes à chaque fois différents, et finalement indissociables.. On vota donc finalement que le principe du blocage partiel serait débattu dans les urnes. Et la prochaine AG est prévue pour Jeudi prochain. D'ici là, blocage certain Mardi, et pour les autres jours je ne sais pas encore s'il y'a des journées d'action prévues.
La question de la grève n'ayant pas été soumise à l'assemblée, celle-ci est tacitement reconduite !
Et ce que vous attendez tous, les résultats des votes : le blocage total a été voté à 596 voix contre 592 (8 abstentions), le blocage partiel refusé à 496 voix contre 630 (63 abstentions). Encore une fois, donc, les chiffres sont extrêmement serrés, mais cela prouve bien de l'utilité du vote en urnes à St Hip. On remarque aussi qu'il y'a eu moins de votants que la dernière fois. Demain, seuls les CAVEJ (étudiants handicapés apparemment), les étudiants salariés & les salariés pourront accéder à St Hip, quand au reste, blocage total jusqu'à la prochaine AG, à savoir Jeudi 30 Mars. St Hip est donc une des seules fac de droit parisienne voire nationale à voter le blocage total comme mode d'action.
Le blog d'information de St hip a été rajouté en lien à droite.

Tolbiac
Je cherche quelques infos sur la mobilisation du jour. A 12h30, notamment, devait se tenir un banquet fêtant le premier mois de blocage, je ne sais pas s'il a eu lieu. A 14h, rendez-vous était donné dans la fosse pour une action. Celle-ci consistait en une diffusion massive à Montparnasse de tracts appelant à la manifestation de Mardi 28, et se déroula parfaitement.
Pendant ce temps là, une conférence-débat & une projection d'un film avaient lieu.
A 16h30, les étudiants participant à l'action retournèrent sur Tolbiac afin d'aller voir les totos qui tentaient de prendre le contrôle de la fac pour la squatter.. (ils ont occupé successivement la Sorbonne & l'EHESS, à chaque fois ils ont été délogés). Ceux-ci n'auront occupé la fac que jusqu'à 08h30-09h avant d'être délogés (ou de sortir par eux-mêmes ?).

Le témoignage
Voici donc le témoignage d'un camarade de bi-licence, Louis, qui s'est fait interpeller hier..
En parlant de répression policière, je tiens à vous livrer un petit compte-rendu de ce qui m'est arrivé à la suite de la manif d'hier.

J'ai fait partie du SO du cortège Paris/Tolbiac, en tête de manif.
Les choses se sont bien passées, et le cordon a permis d'éviter les affrontements avec les bandes de jeunes sauvages venues pour se servir en portables comme dans un supermarché.

Arrivés aux Invalides, nous avons pris la décision de partir très rapidement, étant donnée la tournure que prennaient les évènements sur l'esplanade. Auparavant, nous avons pris le soin de faire passer à tous le mot de rester en groupes de 10 jusqu'au métro. Quiconque se trouvait sur les lieux comprendra cette précaution.
Il était alors 17h environ.

Nous sommes donc partis, et avec quelques amis, nous avons été prendre un verre, à 1O min de marche du "champ de bataille".

Vers 18h-18h30, me trouvant avec deux amis, nous avons décidé de traverser et de longer la Seine afin de rejoindre Chatelet et les liges de metro/RER.
Or, les ponts étant bloqués, nous avons du avancer encore et encore sans pouvoir taverser. Nous nous sommes donc rapproché du bout de l'esplande jouxtant la Seine.

Il se trouvait alors un pont sur lequel nous pouvions passer, après contrôle policier.

Mais juste à côté, nous avons aperçus des flics qui finissaient de vider l'Esplanade et qui ont encerclé au bord de la Seine un groupe d'environ 250 personnes. Observant cela à distance, nous avons constaté qu'ils procédaient à des arrestations ciblées de "casseurs". Des flics en civil se trouvant là nous ont précisé qu'il s'agissait de personnes repérées par les caméras, et qui tentaient de se meler parmi ce groupe de "manifestants" (par oppsition aux "casseurs").
Une fois ces quelques personnes arrétées, les flics ont ouvert une brêche afin de laisser partir ces derniers. Ce groupe, au sein duquel se trouvaient de nombreux journalistes s'est donc éloigné doucement des flics, vers notre direction. J'ai alors reconnu certains amis, dont j'atteste de leur pacifisme. Alors que nous envisagieons donc de nous barrer (je devais aller manger le gateau d'anniversaire de ma mère!) brusquement les flics nous ont de nouveau encerclé. Je me suis donc retrouvé dans le lot sans le vouloir.

Alors que nous étions totalement encerclés, j'ai expliqué à certians flics que je m'étais fait happer dans ce groupe, mais ils ont refusé de me laisser sortir.

C'est alors qu'ils ont embarqué TOUT LE MONDE, UN PAR UN. Précisons que sur les 250, seules 50 ont été laissées en liberté. Les cars étant pleins, on a laissé partir les filles, les biens blancs, les personnes ne portant pas de bloson en cuir et ceux dont la coupe de cheveux et le mode estimentaire s'avérait "reglementaire". Certaines de ces arrestations ont été houleuses, d'autres non. La mienne s'est passé calmement : deux flics m'ont attrapé par derrière, m'ont demandé de les suivre; j'ai levé les mains en signe de pacifisme ; j'ai même echangé quelqes propos sur le bilan de la manif avec eux.
Arrivé au car, ils m'ont fait vider mes affaires, ont controlé mon identité, et ont rempli une "feuille blache".
Dans le car l'ambiance était bon enfant, car la majorité n'avait rien à se reprocher. On a même pu en discuter calmement avec un flic.
Mais la sympathie affichée a desormais pris dans mes souvenirs un gout amer de démagogie.

Cer lorsque nous sommes arrivés au commissariat du 18ème, les choses ont pris une tournure beaucoup moins amicale. L'absence de journalistes oblige, probablement.

J'ai eu la surprise de m'apercevoir que seuls 10% des gens présents avaient cette fameuse "feuille blanche" à leur nom. Il s'agissait en fait des personnes qui allaient être placées en Garde à vue. Les 90% restant ont été gardés dans des grandes cages et relachés au bout de quelques heures seulement. Plusieurs connaissances en faisaient partie.

Qui dit GAV dit : menottes bien serrées, insultes ("petits connards"), menaces ("vous aller vous retrouver avec les tous les toxicos et les travestis du coin"), et brutalité (une entrée dans un fourgon assez muclée).
Nous avons donc été menés au commissariat de la goutte d'or, à deux pas de là.
Photos de face et de profil, empreintes digitales, fouille à nu (baissez-vous et toussez, svp !). La totale dans l'humiliation.

Je venais d'apprendre que j'étais placé en garde à vue, pour 24h renouvellables, pour "violence contre personne dépositaire de l'autorité publique". Moi qui avais empeché la violence en faisant partie du SO, moi qui avais fui la violence dès l'arrivée aux Invalides !
En réalité, parmis la vingtaine de personnes présentes, la moitié était accusée de violence ou de rébellion, l'autre de "jet de projectiles". Au pif. C'est alors que je me suis souvenu du dialogue entre les 2 flics qui avaient rempli cette fameuse "feuille blanche" :
- Dis donc, je met quoi comme motif ?
- Bah je sais pas. On s'en fout. Fais comme tu veux.

L'ARBITRAIRE LE PLUS TOTAL ! Le but est, je suppose, de faire croire que l'on a arréte des manifestants violents, et que dans le lot, il y avait des vrais casseurs, et d'autres moins virulents sur lesquels on ne prend pas le temps de s'attarder. Il s'agissait aussi d'arrêter le maximum de personnes et de faire gonfler le chiffre effectif des "violents".
Mais manque de pot, le hasrd m'a placé dans le premier lot.

Heureusement, j'ai pu établir une déposition dans laquelle j'ai détaillé tout ce qui précède. La flic en face de moi a rapidement compris que je n'avais rien à faire ici. Elle m'a expliqué qu'on avait arrété un lot de personnes, et qu'il y avait forcément des erreurs. J'ignore ce que les autres personnes placées en GAV ont pu faire durant la dispersion de la manif, mais je reste persuadé que la plupart d'entre eux n'avaient rien à se reprocher non plus.
Elle a tout de même été très sympa avec moi. M'a dit que le procureur ne retiendrait probablement rien contre moi, et que je serai surement libre le lendemain. Elle m'a même autorisé à joindre un membre de ma famille par téléphone. Il faut préciser que l'on m'avais fait signer sans la lire ("si tu me fais perdre ton temps je double ta durée de GAV") "notification de mise en GAV" qui stipulait que je renonçais à ce droit...
La chance de tomber sur elle contraste avec la malchance de m'etre retrouvé dans cette situation.

Je vous passe les détails de la nuit. Vous devinez tout de même que les cellules de GAV du commissariat du 18ème n'est pas l'endroit le plus agréable de Paris. Surtout lorsque ces cellues mesurent 5m2 et que l'on y est enfermés à quatre.

Dès 10h30, nous avons pu entendre des slogans émanant d'un vingtaine de personnes venues nous soutenir. le chant des "Liberez nos camarades" a été assez réconfortant. Il s'agissait des personnes de Tolbiac, venues exiger le remise en liberté de Corentin, et moi-même. Apparement, un autre étudiant de Tolbiac; Laurent, avait été relaché avant.

vers 12h30, Corentin et moi avons signé nos "notifacations de fin de GAV" et sommes sortis libres, dispensés de toute poursuite judicaire.

Je tiens à souligner l'arbitraire de ces interpellations, mais surtout de ces mises en GAV et de leurs motifs.
Il ne fait aucun doute que ces arrestations étaient politiques. Elles ne visaient pas les jeunes "casseurs", qui n'ont pas subi de telles repressions de masse. Elles visaient clairement les étudiants pacifistes, que l'on a voulu intimider et museler une nouvelle fois.
Chiffres à l'appui. Environ 250 personnes arrétées à Paris, dont à peine 50 pour "vols de portables" ou "vol en réunion" ou "violence en réunion". Par contre, 200 étudiants et journalistes interpellés afin de les dissuader de retourner en manif la prochaine fois.

De telles manoeuvres politique ne peuvent provenir des cervelles atrophiées des CRS et de leurs collègues gendarmes mobiles. Les ordres viennent d'en haut.
C'est tout bonnement écoeurant.

TOUS LES ETABLISSEMENTS SCOLAIRES ET UNIVERSITAIRES EN GRVE JUSQU'AU RETRAIT TOTAL DE LA LEC ET DU CPE !

TOUT LE MONDE DANS LA RUE MARDI 28 MARS !

NE NOUS LAISSONS PAS INTIMIDER.

PS : je reste solidaire des personnes qui risquent de rester encore en GAV pour de longues heures et notamment mon compagnon photographe de cellule. Refusons la désinformation de masse.

Battons-nous sans nous résigner.
Voilà, je rajouterai des infos dès qu'elles seront à disposition. Je vous invite vivement à réagir sur le témoignage de Louis, un témoignage dont je valide l'intégrité car je connais personnellement l'intéressé et qu'il est digne de confiance.

Demain, Tolbiac fermé.
17 rue de Tolbiac fermé
St Hippolyte ouvert, mais bloqué (sauf CAVEJ, étudiants en régime salariés)

La prochaine AG de Tolbiac (j'avais oublié de le préciser hier) se déroulera Mardi à 10H.

Merci encore de votre fidélité, et à très vite.

23 mars 2006

Fil info Tolbiac : Jeudi 23 Mars

Bonsoir à tous.
Résumé de plusieurs choses, notamment l'AG tolbiacquienne et de la manif lycéenno-étudiante.
Article rapide par ailleurs.

AG de Tolbiac
L'assemblée du jour fut relativement désertée dans la mesure ou on a eu des difficultés pour convoquer les gens à celle-ci, l'horaire ayant été décidé hier après midi. Ceci dit, la même tribune que la dernière fois fut reconduite, avec un membre qui fut changé. L'ordre du jour portait notamment sur le compte rendu des différentes mobilisations, et sur les nouvelles perspectives à apporter au mouvement. Plusieurs motions furent encore adoptées, je n'ai peu de temps pour les résumer (j'en suis désolé). 5 mandatés furent désignés pour la coordination nationale. L'AG s'est finie précipitemment dans la mesure où nous devions partir en manif.

Manif
La manif réunissait 21000 personnes selon la police, bcp plus selon les orgas. Encore une fois, placés en tête de cortège, avec le SO, on a pu observer les bandes de casseurs passer autour de la manif et dépouiller certaines personnes. Ils ont d'ailleurs tenté de rentrer dans le cortège, tentatives qui furent la plupart du temps bien repousées.
Néanmoins, à la fin, la place des Invalides fut le théâtre d'un champ de bataille assez impressionant, entre les manifestants, les casseurs & les CRS..
Flippant.

Voilà.
Article que je modifierai demain, mais je n'ai vraiment pas de temps ce soir, j'en suis désolé.

Demain : Tolbiac ouvert, mais bloqué.
St Hip : cours jusqu'à 11h, puis AG, pas de cours jusqu'à la fin de la journée.
17 rue de Tolbiac : ouvert, mais bloqué.

22 mars 2006

Fil info Tolbiac : Mercredi 22 Mars

Deuxième édition : 22h15 (rajout sur St Hip)
Troisième édition : 23h15 (photos)

Bonjour, bonsoir !
Avant toute chose, encore une fois, je tenais à vous remercier de votre fidélité. 1500 visiteurs hier, plus de 90 commentaires sur le précédent article, je vois que je ne fais pas ça pour rien ! :)
Aujourd'hui, il ne s'est pas passé énormément de choses à Tolbiac, donc l'article sera relativement court.

Tolbiac
A 8h, peu de personnes étaient présentes pour bloquer Tolbiac, ceci dit leur travail ne connut pas bcp de difficultés vu que le prof qui devait assurer un cours n'était pas là. Après quelques tergiversations et discussions, les étudiants présents reprirent le chemin de leur domicile. La caisse de petit déjeuner passa alors parmi les bloqueurs et l'amphi I fut réquisitionné pour le petit déjeuner quotidien. Le comité de mobilisation s'organisa ensuite, et permit de nombreux débats. En effet, plusieurs questions se posaient : compte rendu de l'AG du jour d'avant, et décisions prises concernant la prochaine AG. Se posait une question aussi : comment réagir face aux antibloqueurs qui créaient des tensions pendant les débats ? Et aussi une question clé : comment faire pour éviter que les AG se focalisent sur la question du blocage, alors que désormais elles devraient plutot s'orienter vers l'organisation d'actions, et l'adoption de motions. S'est alors posé un paradoxe étonnant : les AG sont devenues des sortes d'assemblées de légitimation du mouvement, tandis que les comités de mobilisation sont devenus les points de décision.. Si aucune décision n'a été prise, le débat fut vif. Furent évoqués aussi l'organisation des prochaines actions (& manifs), du relais sur les blocages, et de la création du comité d'information contre la répression. Pas mal de choses en somme.
Concernant la prochaine AG, il fut décidé que la prochaine AG serait demain, à 10h. Concernant les modalités de cette AG.. C'est un peu flou. En effet, il a été décidé en comité de mobilisation que ce serait une nouvelle AG, seulement, des affiches ont été placardées avec dessus "Ajournement de l'AG de Mardi".. Je vais personnellement interférer afin que demain ce soit une nouvelle AG, mais je ne promets rien. Dans tous les cas, soyez là demain à 10h !

Pour le reste de la journée, ça s'est découpé entre relèves au 17 rue de Tolbiac, foot dans la cour, musique et danses, et une conférence par un sociologue de Paris XIII concernant la précarité et les politiques Etatiques à ce sujet. A 17h, une projection devait être organisée, ainsi qu'une action de diff aux Halles en collaboration avec les étudiants de la Sorbonne (qui ont à nouveau tenu une AG dans Tolbiac à 12h aujourd'hui). Quelques infos confirmant le déroulement de ces deux évènements seraient les bienvenues ;)

St Hip
Voici un petit texte, rédigé par l'ami Johan (que je remercie), qui résume synthétiquement les commentaires postés par le comité de mobilisation de St Hippolyte :

Le comité de mobilisation de Saint-Hippolyte se réjouit que bon nombre d’étudiants aient reconnu la très bonne organisation de l’Assemblée Générale du lundi 20 mars et du vote qui a suivi sur les modalités d’action sur le centre, quelque soit l’avis des étudiants sur le blocage. Le comité s’indigne cependant d’avoir entraperçu des étudiants de Saint-Hippolyte votant pour le déblocage du centre Pierre Mendès-France à l’Assemblée Générale de Tolbiac du 21 mars alors que ceux-ci n’y ont aucun cours (mis à part les bi-licences).

Le blocage du centre René Cassin (saint-hip) ayant été adopté pour les jours de mobilisation nationale, le centre a été bloqué mardi 21 dès 8H00, étant donné que la Coordination Nationale Etudiante (CNE, private joke) avait appelé à une journée de mobilisation, contredisant l’administration de l’université Paris 1 qui avait annoncé sur son site internet que les cours auraient bien lieu. Cela a généré quelques tensions entre étudiants pensant avoir cours et étudiants bloqueurs. Le comité comprend la colère de ces étudiants qui se sont déplacés pour rien et privilégie la discussion aux actions violentes (d’où le slogan « juriste-gréviste-pacifiste », que nous affectionnons le plus). Pour tenter d’informer les étudiants un blog a été mis en place [note : l’adresse fourni n’étant pas la bonne cette partie sera édité plus tard dès les informations transmises]. Par ailleurs, le comité de mobilisation nie la rumeur selon laquelle des carreaux auraient été brisés sur le centre René Cassin le vendredi 17 mars.

Le comité lance également un appel à la générosité de tous pour financer les dépenses que le mouvement engendre (billet pour les déplacement des délégués aux coordinations, manifestation, etc…) et surtout un appel aux étudiants désireux de participer aux blocages : rendez-vous dès 7H15.

Enfin la prochaine assemblée générale aura lieu vendredi 24 mars à 11H30, venez nombreux. Néanmoins pour le moment l’administration refuse qu’un nouveau vote ait lieu (prochaine réunion avec l’administration demain jeudi). En attendant le centre sera effectivement bloqué demain jeudi et le rendez-vous pour le départ vers la manifestation à lieu à 13H devant le centre.

J'en profite pour apporter quelques précisions : afin de pouvoir voter à St Hippolyte, il vous faut avoir au moins un cours là-bas. Si votre carte d'étudiant n'est pas explicite (je pense par exemple aux personnes de l'UFR d'Economie ayant l'option Relations Internationales là bas), il vous faudra en plus votre feuille d'inscription pédagogique justifiant de ces cours. Pour une procuration, il faut que la personne à qui vous déléguez votre vote soit en possession de votre carte d'étudiant, d'une lettre de votre part donnant procuration, et éventuellement de la fiche d'inscription pédagogique en cas de litige comme précédemment expliqué.
Le blocage total ayant échoué à 20 voix la dernière fois, j'invite tous ceux qui le peuvent à venir voter, et d'un côté comme de l'autre : la chance (ou le risque) de voir passer le blocage partiel est réel, mobilisez-vous donc, vous avez des droits, utilisez-les !

Informations annexes
Suite à différentes remarques & commentaires, je me permets de préciser deux choses :
- Tout d'abord, je vous invite à me soumettre des commentaires d'un type particulier : je compte mettre dans un article propre des commentaires qui m'ont été soumis. Si vous désirez rentrer dans cette catégorie là, n'hésitez pas à rajouter ceci : **** devant votre commentaire, afin que je le vois, et n'oubliez pas de signer en bas. J'essaierai de faire un pour & un contre, en fonction des disponibilités
- Ensuite, suite à une demande, je mettrai tous les soirs la situation des centres dont ce blog traite afin que ce soit clair et que les commentaires ne le demandent plus.
On a donc, pour demain :

Tolbiac (PMF) : Ouvert, mais bloqué - AUCUN COURS
17 rue de Tolbiac : Ouvert, mais bloqué - AUCUN COURS
St Hippolyte (René Cassin) : Ouvert, mais bloqué - AUCUN COURS

Voilà.
Il ne me manque plus que quelques photos. J'espère avoir été assez clair.
Je rappelle : AG Demain, 10H. Manif, 14h, départ place d'Italie.
Merci à tous

21 mars 2006

Fil info Tolbiac : Mardi 21 Mars


Deuxième édition - 22h (photos + rajouts)

Bonsoir mesdames, bonsoir mesdemoiselles, bonsoir messieurs..

Après une journée encore une fois assez riche en évènements, j'ai plusieurs choses à raconter, concernant notamment le déroulement de l'AG & la manif.

L'AG de Tolbiac
Arrivé à Tolbiac vers 9h20, j'ai remarqué déjà qu'il n'y avait pas grand monde, d'un côté comme de l'autre : les personnes opposées au blocage, réunies en dehors de la fac, n'étaient qu'une quinzaine peu de temps avant l'AG. A 10h, l'entrée dans l'AG se fit doucement, très doucement.. Celle-ci ne fut finalement remplie que vers 11h, heure vers laquelle débuta l'AG. Un consensus se fit dès le début sur le fait que l'AG devait durer au plus tard jusqu'à 13h, vu qu'une manif avait ensuite lieu.. Après le vote de la tribune, l'ordre du jour fut voté. Comme d'habitude s'opposaient la proposition de la tribune (aujourd'hui Compte rendu de la mobilisation, comportant de nombreux points, puis un point de débat sur les perspectives avec proposition de motions) et la proposition des personnes opposées au blocage (si je me souviens bien, vote sur le blocage, vote sur la grève, puis débats). Inutile de dire que les premiers soubresauts se firent sentir dans l'Assemblée, opposant traditionnellement les personnes préférant un vote immédiat et celles préférant un débat immédiat, soubresauts qui firent le plaisir de TF1 qui s'était invitée à Tolbiac. L'ordre du jour proposé par la tribune fut finalement adopté.
On entama donc le point sur la coord nationale, puis sur la répression policière et le SO, enfin sur les commissions qui s'occupent d'organiser & d'animer la vie du centre PMF. Les premières vraies tensions se firent sentir dans l'AG, alors que l'on abordait la question de l'homme de Sud-PTT tombé dans le coma suite aux affrontements avec les CRS samedi soir à Nation, et que des lycéens pénétraient dans l'AG.
Après plusieurs rappels à l'ordre de la présidence, le débat put reprendre son cours, tandis que les bloqueurs en profitaient pour préciser que l'on acceptait les lycéens puisque des personnes de St Hippolyte, présentes dans l'AG alors qu'elles n'avaient rien à y faire, se manifestaient.. On passe ainsi sur le points perspectives, qui fut interrompu à deux reprises car des personnes présentes au balcon lançaient des boulettes de papier à travers l'amphi.. Nouveaux rappels à l'ordre, semi-début de bagarre, le climat devenait houleux.
L'AG fut pour une fois l'occasion de voir plus que les autres fois des personnes opposées au blocage s'exprimer, qui pour la plupart le firent assez bien, même si la démagogie ne fut pas absente des propos (d'un côté comme de l'autre de toute manière), et même si certaines personnes ne purent s'empêcher de vanter les mérites du CPE (alors qu'on est dans le point perspective).
Il fut d'ailleurs reproché à l'AG qu'aucun débat sur le CPE n'eut lieu, il ne tient qu'aux personnes qui le désirent de le soumettre en amendement.
Après le vote de plusieurs motions (contre la répression, injonction aux syndicats à appeler à la grève générale reconductible, rester dans la rue le jeudi 23 jusqu'au retrait du CPE, boycott des élections au CROUS de demain, solidarité avec le blessé de Sud-PTT, soutien à l'appel de la coordination nationale), la tribune proposa la motion de Wassim, personne opposée au blocage, qui suscita quelques débats. En effet, cette motion était composée de deux parties. Après un minuscule débat sur les modalités de vote, on décida de voter les deux parties l'une après l'autre. La première partie était donc "L'assemblée Générale de Tolbiac [blablabla] se prononce pour l'arrêt des blocages". Elle fut rejetée majoritairement. La seconde partie était "L'assemblée générale condamne les violences et le vandalisme" (pour résumer, qu'on me la reprécise si possible), le vote pour semblait favorable.. mais des individus firent irruption sur la tribune. Après un rappel à l'ordre par le président de celle-ci, les individus ne bougèrent pas, suite à quoi le président se chargea de les déloger par la force en les poussant. S'ensuivit un début de bagarre... Et la fin de l'AG. Des personnes, vraisemblablement contraires au blocage, ont donc fait interrompre la séance de l'AG, seul moyen actuel de faire porter leur revendication, et ce par la violence.

La Manif
L'AG étant interrompue, les présents se réunirent dans la fosse pour organiser le départ en manif, manif dont le trajet était "Denfert - Port Royal" par un parcours à vrai dire assez alambiqué.. Paris 1 se plaça en tête de cortège, juste derrière la sono, et le défilé commença, s'interompant régulièrement.
S'il put être mené à son terme, des personnes qui ne semblaient pas être là pour manifester traversaient régulièrement le cortège et ont à mon avis dépouillé quelques personnes.. malgré que le SO veille et organise à plusieurs reprises des lignes sur les côtés pour protéger les manifestants... Bien dommage donc.
Je suis parti juste en fin de manif, j'attends donc des infos complémentaires...

Quelques infos
- Sur le déroulement de l'AG. On m'a demandé des précisions que je vais rajouter ici. Plusieurs éléments ont posé problème : d'un côté, la présence de personnes de St Hippolyte illégitimes, une mauvaise tenue générale (et ce, alors que l'AG n'avait pas même débuté) et des injures du type stalinien, plus quelques une à caractères racistes. de l'autre, la présence de lycéens, qui auraient semble t-il voté, une mauvaise tenue générale aussi, et des injures tels que "fascistes" ou "nazis", sans oublier quelques envois de projectiles en papier..
- St Hip fut aujourd'hui bloquée, en contradiction avec ce que j'ai pu annoncer. Il se trouve qu'apparemment le blocage partiel était valable ce jour vu que c'était jour de manifestation. De mémoire, mais je ne peux affirmer ceci de manière sûre, il ne me semble pas avoir entendu que c'était seulement jour de manifestation "nationale" que l'on manifestait. Aujourd'hui, théoriquement, les étudiants mobilisés de toute la France manifestaient avec les lycéens, mais pas les salariés... Demain, St Hip ne sera théoriquement pas bloquée.
- DEMAIN, très important, vers 9h se réunit le comité de mobilisation qui doit décider de la date pour la prochaine AG. Ce sera vraisemblablement jeudi ou vendredi, si c'est jeudi, 10h, si c'est vendredi 11h. Dans l'après midi, un rassemblement serait prévu sur Nanterre pour demander la réouverture de la fac.

Voilà.
Merci de votre fidélité, je complèterai l'article avec des photos notamment, dans la soirée..

Ps : en photos, quelques illustrations prises au hasard dans la fac...

20 mars 2006

Fil info Tolbiac : Lundi 20 Mars

Deuxième édition - Lendemain, 22h10 (photos)

Une nouvelle semaine qui débute..
Désolé pour ce post, qui est particulièrement tardif. Beaucoup de choses faites & à faire une fois que j'étais chez moi ce soir.. Bref.

Tolbiac
Aujourd'hui, retour de week-end, et ce matin une mobilisation constante à Tolbiac de la part des bloqueurs. Un premier incident fut pourtant à signaler très tôt avec la présence d'une prof de Droit qui voulait faire cours à des étudiants de Gestion. Après une tentative devant l'amphi N, une devant un autre amphi, elle finit par réussir à installer ses étudiants dans un amphi. Peine perdue, car les bloqueurs envahissent l'amphi et mettent un terme au début de cours, après discussion et "pourrissement sonore" de l'amphi. L'évènement est à déplorer dans la mesure ou l'administration continuellement joue la carte de la division en incitant des étudiants à venir en cours et en créant ainsi des tensions.
Le petit déj puis le comité de mobilisation se sont réunis dans l'amphi habituel, avec au programme du jour, un bilan du week-end, un point sur le programme du jour & notamment les actions, et la préparation de l'AG de Mardi.

St Hip
Entre bi-licence, nous nous sommes rendus à l'AG de St Hip afin de contribuer à faire voter le blocage (je rappelle que nous avons des cours là bas). L'AG s'est déroulée dans de bonnes conditions, avec un public qui arrive partiellement à appliquer les mesures de Censier pour marquer son approbation (ou sa désapprobation) lors des interv. L'ordre du jour était composé d'un point sur la loi Villepin, puis un point sur la mobilisation à St Hip, et enfin un point sur les perspectives. Le vote sur la question du blocage fut organisé à bulletins secrets avec deux questions : 1/ Etes vous favorable ou non à un blocage total ? 2/ Etes vous favorable ou non à un blocage partiel ? , la question 1 primant évidemment sur la 2. L'AG fut relativement courte, moins de deux heures, avec de nombreuses interventions et les clivages habituels marqués. La tribune s'est assez bien débrouillée malgré la prise de parti du président de celle-ci à quelques rares reprises. Après dépouillement dont les résultats furent connus à 19h30 environ, le vote révèle 676 vs 698 votes en faveur d'un blocage total, 715 vs 654 votes en faveur d'un blocage partiel. Le blocage partiel est donc adopté.
Après débat rapide, il semblerait que la fac ne soit bloquée qu'en cas de manifestation nationale, à savoir jeudi prochain. Demain, il y a donc cours à St Hip.

Tolbiac
Pendant ce temps, les étudiants de Tolbiac étaient partis en action inter-facs. J'ai eu peu d'infos là dessus. Il semblerait qu'ils aient fait de la diff gare d'Austerlitz, puis gare du Nord, avant de se disperser, faute d'un nombre d'étudiants suffisant pour tenter le blocage de celle-ci.

Les prochains rdv importants :
Demain, 10H, AG à Tolbiac.
14h, Manif, départ place d'Italie
Jeudi, 14h, Manif centrale à Paris. (trajet inconnu).
Vendredi, 11h30, AG à St Hip.

Voilà.
J'ai fait court, j'en suis désolé.
Bonne nuit à tous, merci de votre fidélité.